« Retour au blog de nobodysmith

star trek : premier contact

star trek : premier contact
Réalisation : Jonathan Frakes
Scénario : Brannon Braga et Ronald D. Moore
Avec Patrick Stewart, Jonathan Frakes et Brent Spiner
Genre : science-fiction
Durée : 1H46

HISTOIRE : De méchants extraterrestres, les Borgs, complotent contre les habitants de la Terre. Ils mettent au point une machination diabolique pour détruire l'humanité.

Une mauvaise réputation, ça colle à la peau. La masse a en effet tendance à traiter ce qu'elle ne connaît pas en se raccrochant aux avis émergents les plus accrocheurs. Le public aura beau être confronté à de nombreux faits contradictoires, c'est l'idéalisation quel soit positive ou négative qui prédomine dans l'inconscient collectif. Par exemple, pour une grande partie des téléspectateurs, il est un inconcevable qu'il puisse accrocher à la célèbre série star trek. À la reconnaissance outre-Atlantique se substitut la moquerie dans nos contrées. Même si ils n'ont jamais jeté un coup d'½il dessus, la création de Gene Roddenberry continu d'être l'objet de sarcasmes à cause de ses types en pyjamas et de sa dialectique globalement inabordable sans un minimum d'effort ou d'ouverture d'esprit. Le même sort a attendu les films qui n'ont jamais eu droit à de sorties en grande pompe dans l'hexagone (on craint inévitablement que le même sort frappe le prochain opus signé par J.J Abrams). Et pourtant, la franchise cinématographique star trek représente des grands spectacles certes réflexifs mais tout à fait passionnants. Huitième opus de la série et deuxième mettant en scène l'équipage de the next generation sous la tutelle de Patrick Stewart alias Jean-Luc Picard, PREMIER CONTACT en est un exemple bien représentatif.

Il met pourtant également en évidence la nécessité pour un spectateur néophyte d'accepter le fait que le film se base sur le background de la série et donc qu'il ne comprendra pas forcément tout. Si on peut passer sur les explications anecdotiques sur le fonctionnement des mécanismes futuristes (Taxtiblux doit ressouder le megafulaser de Bactilum dans la salle des posivitrons du niveau EMX pour redémarrer le sybolard), l'orientation est plus problématique lorsqu'elle touche aux personnages. Alors que le premier film de Robert Wise s'assurait de bien resituer la place de chacun dans l'équipage, premier contact y passe complètement outre. Du coup, le spectateur qui n'y connaît rien mettra un certain temps à s'y retrouver pour se démêler des ficelles de l'intrigue. Pire, la menace du film s'avère trop rapidement expédier. Les méchants ne nous seront en effet présentés qu'avec 5 plans certes accrocheurs (stupéfiant plan d'ouverture) mais insuffisant pour clairement poser leur ampleur. Car le film dispose sûrement des méchants les plus représentatifs de la série. Alors que cette dernière s'est placé sous le signe de l'aventure humaine et de la découverte de nouvelles espèces en vu de favoriser les échanges culturels, les borgs représente l'incarnation complète du contraire de cet état d'esprit. Leur seul but en effet de sillonner la galaxie et d'assimiler toutes cultures à un mode de pensée collectif prétendument parfait mais rigide et sans teneur. Un enjeu de taille qui ne sera assimilé clairement qu'en cours de route. Mais qu'importe ce démarrage fastidieux puisque le propos qui s'en dégage s'avère fascinant et permet de développer habilement ses personnages. C'est en effet au travers du parcours d'un Picard obsédé par la vengeance et de l'androïde Data rêvant d'atteindre un statut humain que se tisse l'analyse de cette race cybernétique. En résulte une réflexion intelligente et émotionnellement forte.

On ne pourra pas en tire autant de l'autre aspect du script. Se reposant la thématique du voyage temporelle (Ronald D. Moore tentera d'ailleurs de réutiliser ce concept pour un téléfilm de son battlestar galactica), le récit suit aussi le parcours d'une partie de l'équipage chargée de s'assurer que les borgs n'influent pas sur le bon déroulement de l'Histoire. Sur ce procédé, le scénario aurait pu livrer une intéressante et touchante description d'un homme qui découvre que ses agissements quotidiens vont avoir un impact considérable sur l'avenir. Malheureusement, cette partie de l'intrigue s'avère traité sur un mode principalement comique avec un James Cromwell cabotin. Dire qu'il y en a encore pour dire que la franchise est trop sérieuse... On se satisfera plus aisément de l'intrigue dans le vaisseau Enterprise. Non envisagé au début de la production (tout le film devait se concentrer sur sa partie terrestre), ce rajout des écritures offrent au film tout son dynamisme. Car croyez-le ou non, le film regorge d'action et va jusqu'à se permettre d'offrir une bataille spatiale spectaculaire. Ceux qui croyait qu'il n'y avait que de la parlotte dans star trek risque d'être sacrément étonné.

Cet aspect impressionnant sur plusieurs points est prolongé par la haute qualité de la production mise en ½uvre. Sans être opulente (certains passages notamment ceux terrestres font très téléfilm de luxe), les moyens mise en ½uvre assure un spectacle de haute tenue. Habituellement acteur sur la série, Jonathan Frakes livrent ainsi une mise en scène très efficace qui, à défaut d'invention, évite de trop rabaisser l'ambition cinématographique du spectacle. Le film offre ainsi son lot de séquences fortes au charme visuel certain. Toutefois, on pourrait bien critiquer la vacuité des effets spéciaux. Que ce soit sur la série ou les films, on peut toujours pointé du doigt les incrustations fumeuses, les maquillages en latex et les maquettes trop voyantes même si prolongés de CGI très correct. Mais comme toujours, l'argument ce balais du revers de la main face à l'émerveillement enfantin que dégage de nombreux passages amplifié par le romantisme de la BO de Jerry Goldsmith. En créant un univers complètement original, star trek se fait un vecteur de magie éminemment puissant qui empêche de se moquer de ces effets brinquebalants.

Malheureusement, peu de personnes accepte de passer par-dessus ces difficultés bénignes et se satisfasse d'un cinéma fast-food pré-maché. Dommage pour eux car des films comme star trek : premier contact demeure des ½uvres d'une rigueur rare qui n'omette pas le plaisir le plus basique.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 05 août 2008 11:23

Modifié le mardi 05 août 2008 11:46

« Article précédent : X-files : régénération

Article suivant : la momie : la tombe de l'empereur dragon »