event horizon

event horizon
Réalisation : Paul W.S Anderson
Scénario : Philip Eisner
Avec Laurence Fishburne, Sam Neill et Kathleen Quinlan
Genre : science-fiction
Durée : 1H32

HISTOIRE : 2047. Le vaisseau spatial "Lewis & Clark" s'apprète à regagner sa base quand l'équipage reçoit l'ordre de gagner la station Daylight pour embarquer le physicien William Weir, avec lequel il doit repartir en direction de Neptune. Quelques années plus tôt, Weir avait conçu un engin spatial révolutionnaire capable de se déplacer plus vite que la lumière mais qui disparut corps et biens aux abords de Neptune. La mission du "Lewis & Clark" consiste à repérer l'epave de l'"Event Horizon", à déceler les causes de sa mysterieuse avarie et à récupérer les éventuels survivants.


Dans notre monde, tout ne peut pas être tout blanc ou tout noir. On a beau souvent penser que certaines personnes sont des parfaits modèles de respectabilité et d'autres des incarnations pur et simple du mal, cette caractérisation simpliste est souvent erronée. Le meilleur homme n'est-il pas jamais à l'abri de commettre un acte malfaisant même minime ? Le pire homme ne peut-il quant à lui pas être sujet à des élans de générosité ? Le manichéisme est une donnée plus qu'abstraite qui est de moins en moins pris en cause. Ainsi on a pas beau aduler certains réalisateurs, ils sont toujours capables de nos sortir une bonne bouse. Quant à ces réalisateurs mondialement détestés, ils peuvent faire preuve parfois de bonnes idées. Et c'est le cas du mésestimable Paul W.S. Anderson. Les mortal kombat et autres abjects resident evil ont rapidement fait d'Anderson une véritable cible humaine par la médiocrité de sa production. Pourtant, on peut toujours lui reconnaître quelques bonnes intentions. Il suffit de lire quelques-unes de ses interviews pour se rendre compte qu'il est un passionné à tendance geek. Malheureusement, on se demande toujours ce qui lui passe par la tête pour maltraiter à un tel point ses ambitions. Encore aujourd'hui il est difficile de se remettre des matchs de catch que constitut le clash alien VS predator. Néanmoins, de sa filmo peu enviable, il ressort un film particulier : EVENT HORIZON, mélange inaboutie mais excitant de space opera et de fantastique horrifique.

Pourtant, le film n'avait à la base aucune raison de sortir de la masse. Le script initialement écrit par Philip Eisner prévoyait en effet un spectacle de science-fiction conventionnel où une équipe de sauvetage se retrouvait confronté à une menace extraterrestre dans un vaisseau abandonné. Face à cette base classique, Anderson souhaitera offrir un peu de nouveauté au genre en modifiant l'origine du danger. Il évacue ainsi les aliens vu et archi-revu au profit d'un apport strictement surnaturel. Preuve donc que le projet aurait loin d'être aussi intéressant sans Anderson aux commandes et qu'il est capable de bonnes choses quand il veut. De retour d'une dimension inconnu, le Event Horizon ne ramène pas des vilains E.T mais ni plus ni moins que des horreurs de l'enfer. Le pitch en devient tout un coup nettement plus original, à un tel point qu'on dirait cette idée sortir de l'esprit tordu d'un Clive Barker.

Ce mélange détonnant des genres porte bien sa patte et est d'autant plus marqué lors de visions sanglantes assez hallucinantes (notamment la mort du médecin tout droit sortie d'un hellraiser). C'est d'ailleurs ce qui sépare un peu plus event horizon des autres réalisations d'Anderson. Loin du découpage policé ne laissant place à aucun débordements sanglants de ses resident evil et alien VS predator, event horizon offre un gore parfois très craspec avec effusions de sang et autres corps mutilés. Une teneur en hémoglobine bien présente et marquante (la vidéo du journal de bord) mais qui a toutefois été charcuté par les majors du studio. Sur les 40 minutes (!) de métrage coupés, pratiquement la moitié était consacré à de la débauche de violence gorifique. De ces pertes, on ne trouve qu'un aperçu dans l'édition collector du film puisque, à une époque où le DVD venait juste d'émerger, les morceaux sacrifiés n'étaient pas conservés. Ajouté à un bide méchant en salles (25 millions de dollars cumulé sur le territoire américain pour un budget de 70), le manque de prestige de la production (pas de véritable grand nom à l'affiche) ne poussait guère le studio à envisager une director's cut.

Même si elle demeure assez présente pour frapper, l'horreur se dégageant du film est donc loin de remplir les ambitions d'Anderson. Néanmoins, ses velléités artistiques elles restent belle et bien présente. La direction artistique est en effet d'une qualité fort honorable. Avec son budget très confortable, Anderson construit un décor inquiétant dont les élans artistiques s'avèrent souvent réussit. Si on retrouve l'indispensable côté rétrofuturiste popularisé par le alien de Ridley Scott, Anderson va transformer le Event Horizon en une sorte d'inquiétante cathédrale gothique (connotations christique à l'appui). L'architecture est des plus enivrante par des constructions délirantes et agressives (on s'étonne après que le créateur du vaisseau devienne givré). Un choix incroyable de la part d'Anderson lui qui avait abandonné le manoir gothique de resident evil[ au profit d'un univers high-tech aseptisé. Et c'est avec un certain amour qu'il filme sa création au travers d'une mise en scène souvent efficace même si entaché d'effets numériques de bien piètre qualité.

Car il faut néanmoins remettre en perspective au milieu de ce concert d'éloges étonnant que event horizon souffre de graves défauts. Au-delà d'effets spéciaux pas franchement glorieux (les maquettes et les maquillages s'avèrent très corrects au regard de CGI fumeux), c'est l'écriture qui souffre de nombreux cafouillages. Si Anderson offre quelques séquences sensationnelles par rapport à son pitch, le déroulement du récit s'avère bien souvent trop traditionnel. Anderson a souvent la manie de ressortir les gros clichés du film de maison hantée entre les coups contre les murs et les murs pissant le sang. Anderson se place alors à l'extrême opposé d'un Clive Barker qui manipulait les codes du genre pour transcender tout impact émotionnel. Ici, l'implication du spectateur est d'autant plus difficile qu'on se retrouve avec les pires clichés du genre : le capitaine qui a laissé crever son coéquipier, la mère divorcée qui veut retrouver son enfant, le black rigolo, le docteur bien louche... C'est parfois à la limite du supportable. Les acteurs ont d'ailleurs souvent du mal à leur donner vie (le grand Sam Neill est incroyablement mauvais dans certains moments).

Sans être un chef d'½uvre, les qualités assez conséquentes de event horizon en font un certain objet de culte. Il s'agit surtout d'une terrible étape dans la carrière de son réalisateur, l'accueil catastrophique l'ayant poussé à finalement adopter les opinions des studios et à poursuivre sa carrière de tâcheron. A revoir sa meilleure réalisation, on peut se dire que c'est une regrettable perte.
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# Posté le jeudi 07 août 2008 05:35

la momie : la tombe de l'empereur dragon

la momie : la tombe de l'empereur dragon
Réalisation : Rob Cohen
Scénario : Alfred Gough et Miles Millar
Avec Brendan Fraser, Jet Li et Luke Ford
Genre : aventure
Durée : 2H00

HISTOIRE : En Asie, Rick O'Connell et les siens vont livrer un combat sans merci à l'Empereur Dragon. Des catacombes de la Chine antique aux sommets de l'Himalaya, l'explorateur intrépide, son jeune fils Alex, sa femme Evelyn et son beau-frère Jonathan affronteront la Momie ressuscitée du plus cruel conquérant de Chine. Victime d'une sorcière maléfique, l'Empereur Dragon et ses 5000 soldats ont été relégués pour l'éternité dans les limbes. L'immense armée de terre cuite reposera ainsi durant 2000 ans, oubliée de tous, jusqu'à ce qu'Alex commette l'erreur de réveiller son chef. Pour éviter une vague de méfaits, Rick devra appeler à la rescousse les seules personnes plus habiles que lui à combattre les morts-vivants : sa propre famille...


L'exagération à Hollywood est toujours bien vue. Dans la citadelle du cinéma, on a tendance à favoriser les personnes qui en font beaucoup trop que celle qui en font pas assez. Il en faut toujours plus et jamais moins, quitte à ce que les limites de la bienséance se retrouve atomisées. La surenchère, à la fois la qualité de cette industrie (qui n'aime pas voir des épopées spectaculaires ?) et son défaut majeur (qui aime qu'on lui martèle le crâne ?). Du coup, Hollywood c'est le divertissement opulent aux grands sentiments mais c'est aussi une certaine forme de débilité et d'écoeurement sur pellicule. Difficile de trouver un représentant plus emblématique de ces travers que la série des the mummy. À la base, on ne peut pourtant nier que les intentions du réalisateur Stephen Sommers était louable en souhaitant faire renaître l'esprit des production de la Hammer avec les moyens actuels. Bien que sympathique, le résultat s'avérera néanmoins handicapé par une overdose d'effets spéciaux et sa pantalonnade humoristique. Sa suite boursouflée ne fera qu'empirer les choses en multipliant cette profusion par 2. Cette saturation que les spectateurs ne se sont pas plaints à mentionner explique sûrement la certaine durée séparant ces deux suites et surtout le revirement dont il fait l'objet. Jugeant que resituer à nouveau l'action en Egypte apparaîtrait définitivement pour de l'exagération opportuniste (surtout lorsqu'on voit où on a laissé Imhotep), ce troisième opus prend une nouvelle direction. L'Egypte cède ainsi la place à la Chine. Un choix cohérent par rapport aux intentions de la série, la Hammer ayant plusieurs fois collaboré avec les studios de la Shaw Brothers. Néanmoins, cette nouvelle orientation ne change finalement rien à la donne et ce tombeau de l'empereur dragon tombe dans les travers de ses aînés.

Pourtant, on se prend à espérer un spectacle de haute tenue pendant la première demi-heure. Succédant à Sommers à la réalisation, Rob Cohen va y développer une atmosphère très proche de son c½ur de dragon (son meilleur film à ce jour. à travers une voix-off solennel mais à l'écriture enfantine, il introduit sa légende de l'empereur dragon (Jet Li transparent) en relatant ses rêves de gloire et son désir d'immortalité. Le ton se fait ainsi très naïf, ce qui n'est pas désobligeant en soit puisque Cohen l'assume pour en tirer un certain charme. Il arrive ainsi à nous séduire par ce traditionalisme cucul mais enchantant. On pourrait se moquer de sa manière de filmer avec des ambitions de grandeur des décors banals, des costumes et accessoires manufacturés mais le c½ur y est et surtout il n'y a pas d'excès. Pratiquement sans gros effets spéciaux, cette première partie verse dans un relatif intimiste (ça reste hollywoodien) provoquant une sorte de convivialité avec le spectateur. À ce ton à la limite du conte s'ajoute un goût pour la noirceur certes dissimulés (cet écartelage hors champ) mais assez étonnant dans ce genre de production policée. On retrouve même quelques instances dramaturgiques assez savoureuses notamment dans sa description de notre couple d'héros. A l'instar de Indiana Jones et du royaume du crâne de cristal, le scénario appréhende l'effet du temps qui passe sur les figures aventureuses. On les avait quitté archéologues fouineurs, on les retrouve petits bourgeois dans un milieu incarnant l'idéal de la stabilité sociale mais qui ne leur plaît guère. Il caressent toujours leur soif d'aventure qui va se retrouvé rassasié dans l'heure et demi qui suit. Et c'est là que les ennuis commencent.

Après 30 minutes très convaincantes, ce troisième opus retombe dans les travers habituels de la série. Si on retrouvait bien les figures de style habituel de la franchise dans cette demi-heure (l'amour interdit ancestrale, la tombe avec ses pièges vicieux, la momie en décomposition cherchant à récupérer ses pouvoirs, le mortel aidant la momie dans sa tâche), le traitement se montrait pertinent et sans grand excès. L'humour certes peu fin arrivait même à faire mouche. Mais dès l'arrivée de John Hannah, c'est le retour de la bonne grosse pantalonnade gonzo avec ses sidekicks qui ne s'arrêtent jamais. Ça en devient rapidement lourd avec en sus des conflits générationnels sans fin. Si le cocktail de noirceur et de naïveté est toujours là, la sauce ne prend plus à une telle débauche. Il en va de même pour les effets spéciaux. Le numérique s'avère toujours aussi pompier au travers d'effets abusifs sans grande teneur culminant dans l'exploitation d'un bestiaire de mauvais goût à l'utilité discutable avec ses yétis, dragons à trois têtes et autres diablotins. On reconnaîtra pourtant bien répartis au cours du film des money shots qui font fichtrement plaisir (l'apparition des avions durant la bataille finale) et renforçant l'efficacité d'un spectacle parfois mise en scène trop près du corps. On reprochera d'ailleurs à nouveau cette profusion aucunement maîtrisé dans l'action où la structure narrative se retrouve sacrifier sur l'autel de la constance spectaculaire.

Un spectaculaire qui capture certes l'attention du spectateur mais qui en oublie de le ménager. Loin du cocktail bien dosé, la momie 3 est éruption sans fin d'action, d'humour et d'effets spéciaux. Ça a beau procurer une amusante ivresse sur le momment, attention à la gueule de bois.

# Posté le mercredi 06 août 2008 10:39

star trek : premier contact

star trek : premier contact
Réalisation : Jonathan Frakes
Scénario : Brannon Braga et Ronald D. Moore
Avec Patrick Stewart, Jonathan Frakes et Brent Spiner
Genre : science-fiction
Durée : 1H46

HISTOIRE : De méchants extraterrestres, les Borgs, complotent contre les habitants de la Terre. Ils mettent au point une machination diabolique pour détruire l'humanité.

Une mauvaise réputation, ça colle à la peau. La masse a en effet tendance à traiter ce qu'elle ne connaît pas en se raccrochant aux avis émergents les plus accrocheurs. Le public aura beau être confronté à de nombreux faits contradictoires, c'est l'idéalisation quel soit positive ou négative qui prédomine dans l'inconscient collectif. Par exemple, pour une grande partie des téléspectateurs, il est un inconcevable qu'il puisse accrocher à la célèbre série star trek. À la reconnaissance outre-Atlantique se substitut la moquerie dans nos contrées. Même si ils n'ont jamais jeté un coup d'½il dessus, la création de Gene Roddenberry continu d'être l'objet de sarcasmes à cause de ses types en pyjamas et de sa dialectique globalement inabordable sans un minimum d'effort ou d'ouverture d'esprit. Le même sort a attendu les films qui n'ont jamais eu droit à de sorties en grande pompe dans l'hexagone (on craint inévitablement que le même sort frappe le prochain opus signé par J.J Abrams). Et pourtant, la franchise cinématographique star trek représente des grands spectacles certes réflexifs mais tout à fait passionnants. Huitième opus de la série et deuxième mettant en scène l'équipage de the next generation sous la tutelle de Patrick Stewart alias Jean-Luc Picard, PREMIER CONTACT en est un exemple bien représentatif.

Il met pourtant également en évidence la nécessité pour un spectateur néophyte d'accepter le fait que le film se base sur le background de la série et donc qu'il ne comprendra pas forcément tout. Si on peut passer sur les explications anecdotiques sur le fonctionnement des mécanismes futuristes (Taxtiblux doit ressouder le megafulaser de Bactilum dans la salle des posivitrons du niveau EMX pour redémarrer le sybolard), l'orientation est plus problématique lorsqu'elle touche aux personnages. Alors que le premier film de Robert Wise s'assurait de bien resituer la place de chacun dans l'équipage, premier contact y passe complètement outre. Du coup, le spectateur qui n'y connaît rien mettra un certain temps à s'y retrouver pour se démêler des ficelles de l'intrigue. Pire, la menace du film s'avère trop rapidement expédier. Les méchants ne nous seront en effet présentés qu'avec 5 plans certes accrocheurs (stupéfiant plan d'ouverture) mais insuffisant pour clairement poser leur ampleur. Car le film dispose sûrement des méchants les plus représentatifs de la série. Alors que cette dernière s'est placé sous le signe de l'aventure humaine et de la découverte de nouvelles espèces en vu de favoriser les échanges culturels, les borgs représente l'incarnation complète du contraire de cet état d'esprit. Leur seul but en effet de sillonner la galaxie et d'assimiler toutes cultures à un mode de pensée collectif prétendument parfait mais rigide et sans teneur. Un enjeu de taille qui ne sera assimilé clairement qu'en cours de route. Mais qu'importe ce démarrage fastidieux puisque le propos qui s'en dégage s'avère fascinant et permet de développer habilement ses personnages. C'est en effet au travers du parcours d'un Picard obsédé par la vengeance et de l'androïde Data rêvant d'atteindre un statut humain que se tisse l'analyse de cette race cybernétique. En résulte une réflexion intelligente et émotionnellement forte.

On ne pourra pas en tire autant de l'autre aspect du script. Se reposant la thématique du voyage temporelle (Ronald D. Moore tentera d'ailleurs de réutiliser ce concept pour un téléfilm de son battlestar galactica), le récit suit aussi le parcours d'une partie de l'équipage chargée de s'assurer que les borgs n'influent pas sur le bon déroulement de l'Histoire. Sur ce procédé, le scénario aurait pu livrer une intéressante et touchante description d'un homme qui découvre que ses agissements quotidiens vont avoir un impact considérable sur l'avenir. Malheureusement, cette partie de l'intrigue s'avère traité sur un mode principalement comique avec un James Cromwell cabotin. Dire qu'il y en a encore pour dire que la franchise est trop sérieuse... On se satisfera plus aisément de l'intrigue dans le vaisseau Enterprise. Non envisagé au début de la production (tout le film devait se concentrer sur sa partie terrestre), ce rajout des écritures offrent au film tout son dynamisme. Car croyez-le ou non, le film regorge d'action et va jusqu'à se permettre d'offrir une bataille spatiale spectaculaire. Ceux qui croyait qu'il n'y avait que de la parlotte dans star trek risque d'être sacrément étonné.

Cet aspect impressionnant sur plusieurs points est prolongé par la haute qualité de la production mise en ½uvre. Sans être opulente (certains passages notamment ceux terrestres font très téléfilm de luxe), les moyens mise en ½uvre assure un spectacle de haute tenue. Habituellement acteur sur la série, Jonathan Frakes livrent ainsi une mise en scène très efficace qui, à défaut d'invention, évite de trop rabaisser l'ambition cinématographique du spectacle. Le film offre ainsi son lot de séquences fortes au charme visuel certain. Toutefois, on pourrait bien critiquer la vacuité des effets spéciaux. Que ce soit sur la série ou les films, on peut toujours pointé du doigt les incrustations fumeuses, les maquillages en latex et les maquettes trop voyantes même si prolongés de CGI très correct. Mais comme toujours, l'argument ce balais du revers de la main face à l'émerveillement enfantin que dégage de nombreux passages amplifié par le romantisme de la BO de Jerry Goldsmith. En créant un univers complètement original, star trek se fait un vecteur de magie éminemment puissant qui empêche de se moquer de ces effets brinquebalants.

Malheureusement, peu de personnes accepte de passer par-dessus ces difficultés bénignes et se satisfasse d'un cinéma fast-food pré-maché. Dommage pour eux car des films comme star trek : premier contact demeure des ½uvres d'une rigueur rare qui n'omette pas le plaisir le plus basique.
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# Posté le mardi 05 août 2008 11:23

Modifié le mardi 05 août 2008 11:46

X-files : régénération

X-files : régénération
Réalisation : Chris Carter
Scénario : Frank Spotnitz et Chris Carter
Avec David Duchovny, Gillian Anderson et Amanda Peet
Genre : thriller
Durée : 1H44

HISTOIRE : Face aux mystères et au paranormal, l'agent Mulder poursuit sa quête de la vérité. L'agent Scully, médecin femme passionnée et intelligente, est toujours intimement liée à ses recherches...


Il existe bien des méthodes pour pouvoir vendre un film. On peut filer plein de pognons à l'équipe marketing pour qu'elles conçoivent des affiches et bandes annonces tape-à-l'½il qui font gentiment saliver. On peut s'affilier à quelques sponsors qui, contre une légère rémunération, accepteront de faire de la publicité intensive. On peut s'investir dans tous les médias connus pour être sûr qu'aucun spectateur potentiel ne passe à côté du film. Et puis, il y a le marketing moderne. C'est un peu le même principe que la cuisine moderne (celle où on nous sert un cube de viande accompagné de quatre grains de riz) : ne rien faire. A l'inverse du matraquage pour bien faire rentrer dans la tête des gens que le film il est bien à voir, l'autre méthode consiste à ne surtout pas en parler. C'est la technique qu'a toujours employé Chris Carter autour de sa célèbre franchise X-FILES. On ne dit rien, on ne montre rien ou alors très peu et on joue sur l'attente des fans. A l'instar du premier long-métrage, ce deuxième film a donc fait l'objet d'un blackout complet. L'histoire a été gardé secrète, le tournage n'a rien laissé filtré et la bande annonce ne dévoilait absolument aucune information. A une époque où on a tendance à aller en salle en sachant exactement ce qui va se passer, régénération est l'un de ses rares cas dont on ne soupçonne rien de son contenu. Mais comme le rappelle certains : lorsque sa tactique de vente se fonde sur du vent, c'est peut-être parce qu'il y a rien à vendre. Et c'est en gros ce qui se passe (ou plutôt ce qui ne se passe pas) dans le film de Chris Carter.

Laissant aux oubliettes ses théories extraterrestres, Carter a décidé pour ce second film d'offrir une histoire entièrement inédite ou un looner comme on dit dans le jargon. Un choix qui est rassurant en soit, les looner étant souvent les meilleurs épisodes de la série. Le principe de ces derniers se reposent approximativement sur le même principe que celui du complot alien. On prend une croyance populaire quelconque (c'est pas ça qui manque), on en extrait les aspects les folklorique pour n'en garder qu'une vision réaliste et crédible. Le procédé a fait ses preuves et incarne l'une des meilleures qualités de la série qui a su transcender en son temps des histoires traditionnelles. Mais ce régénération est loin de suivre la même voie. La bande annonce laissait circonspect par son usage d'une musique opulente sur des images fort banales. L'introduction du film ne fait que conformer cela en cherchant à faire monter la sauce en croisant une scène d'agression et les recherches du FBI sur celle-ci.

Car il faut le dire net : il ne se passera rien de passionnant dans l'heure et demi qui suivra. Si on excepte une course-poursuite sans grande teneur, aucun rebondissement majeur n'émaille le récit qui s'avère décevant dans tout les sens du terme. L'investigation se montre trop tranquille et aisé avec un manque cruel de tension. Le plus gros problème est que le parcours des héros et de nos méchants (on gardera leurs natures secrètes par respect) ne se croisent pratiquement pas. Les deux groupes de personnages suivent leurs chemins chacun de leur côté et ça n'est qu'après plus d'une heure de métrage que quelques connexions apparaissent. A ce problème de narration se rajoute une absence de rythme et un traitement horrifique pauvret. Si l'histoire promettait bien quelques moments d'horreur intéressants, le film s'en montre dénué par un traitement terriblement fade et convenu. On en vient aisément à regretter les rumeurs de film de loup-garou véhiculé sur internet lors de la production.

Carter n'arrive pas à renouer avec l'esprit de la série et arrive encore moins à donner une ampleur cinématographique. Si le budget allouer permet d'obtenir une photographie et des mouvements de caméras plus travaillés que dans la série, l'ensemble reste trop prisonnier de ses origines télévisuelles. Là où combattre le futur arrive à afficher de nouvelles ambitions visuelles bien qu'inabouties (tout le final dans le vaisseau alien), régénération se complet dans une mollesse et une fadeur qui ne passe que sur petit écran. On ne peut toutefois pas enlever à Carter la volonté de vouloir explorer plus que d'ordinaire ses deux personnages centraux. Suivant désormais leurs chemins propres, Mulder et Scully ont de plus en plus de mal à se faire face. Leurs relations et leurs sentiments l'un pour l'autre deviennent plus que compliqués et l'histoire qui est relaté ici devrait permettre de crever l'abcès. Enfin en théorie. Le film est en effet loin d'offrir un travail pointu des rapports entre ses personnages. Si le film joue sur le background développé par la série, cela n'excuse pas les facilités du traitement de l'évolution de leur relation. Difficile en effet de comprendre l'apparition comme un cheveux sur la soupe d'une scène de couple au lit alors que nos personnages ne se sont de toute évidence pas revue depuis bien longtemps. Accompagner d'une réflexion pompeuse sur la croyance (le titre original a beaucoup plus de sens que celui français), les deux personnages se montrent des pantins aux émotions exécutés sur commandes. Le seul intérêt de ces retrouvailles pourrait tenir dans la nostalgie mais son exécution est tellement artificiel qu'elle se montre plus détestable que respectable (difficile de croire à l'arrivée de Skinner).

Nostalgie mal manipulée, histoire sans intérêt, personnages creux... X-files : régénération barbotte dans ses défauts. Le seul constat qu'on retire de la vision de la chose est que la franchise est arrivée au bout de la course. Il vaut mieux pour Chris Carter de clore ce chapitre et de passer à autres choses. Mais vu que le message de son film est ne renonce jamais, on peut craindre qu'il persiste...

# Posté le jeudi 31 juillet 2008 10:48

payback

payback
Réalisation : Brian Helgeland
Scénario : Terry Hayes et Brian Helgeland
Avec Mel Gibson, Mari Bello et Gregg Henry
Genre : polar
Durée : 1H37

HISTOIRE : Poussé par sa femme Lynn, Porter, petit gangster teigneux fier d'être à son propre compte, accepte de faire équipe avec Val Resnick, malfrat sans scrupule qui ambitionne d'intégrer l'Organisation. Les deux hommes organisent un hold-up contre la mafia chinoise. L'opération tourne mal, Val s'approprie le magot avec la complicité de Lynn et abat froidement Porter qu'il laisse pour mort. Cinq mois plus tard, Porter refait surface, bien décidé à se venger et à récupérer son du. Il retrouve Resnick, le tue mais se retrouve face à l'Organisation qui veut venger Resnick.


Le destin fait parfois fichtrement bien les choses. Il n'y a qu'à prendre la revanche. C'est parfois fichtrement surfait de vouloir faire payer les actes de quelqu'un lorsque le destin lui réserve automatiquement un sort peu enviable. Pourquoi se complaire dans un sentiment de vengeance lorsque la loterie de la vie se charge pour soi de rétablir l'ordre des choses ? Pas la peine de se s'acharner à appliquer le principe “½il pour ½il, dent pour dent”, autant laisser couler et se délecter du spectacle qui va se dérouler. Le scénariste et réalisateur Brian Helgeland aurait bien du savoir que tout se paie un jour. En 1995, la réputation du bonhomme reste assez insignifiante. Il n'a pas encore gagné un oscar pour son faramineux script de L.A confidential et sa carrière se résume à quelques travaux sur des série B horrifiques peu recommandables. Du coup, lorsque le producteur Ron Silver lui demandent de retoucher le script du assassins des frères Wachowski en suivant les instructions du réalisateur Richard Donner et de sa mégastar Sylvester Stallone, il accepte sans rechigner la tâche. Ce qu'il ne se doute pas s'est qu'après avoir été un participant à ce genre de manigance, il va en devenir la victime. 4 ans plus tard, il décide ainsi de passer à la réalisation avec ce PAYBACK et va devoir faire face à une industrie adepte du remodelage.

Adaptation d'un roman de Richard Stark qui avait déjà donné lieu à un film en 1967 (point blank de John Boorman avec Lee Marvin), payback devait être un hommage au film noir. À l'instar de John McTiernan et de son 13ème guerrier qui sortira 5 mois plus tard, Brian Helgelang se montre en avance sur son temps et paieras le fait d'avoir loupé le coche. Helgeland anticipe en effet ici le revival du cinéma 70's que les réalisateurs des années 2000 semblent très apprécier. Mettant de côté tout aspect de scènes d'action ou de traques à tout va, il se concentre juste sur le parcours d'un homme dans un San Francisco à l'ambiance poisseuse. Cet homme, c'est Porter, un braqueur qui s'est fait trahie et qui veut à tout prix récupérer l'argent qu'on lui a fauché. Et le bonhomme ne fait pas dans la dentelle. Personnalité ambiguë (il ne fonctionne pas sur des principes contrairement à ce qu'on croirait), il s'avère être une brute qui n'hésite pas à se salir les mains pour obtenir les informations qu'il désire. Le charisme de Mel Gibson (très convaincant malgré un problème d'âge évident) et la dégaine cool ont beau le rendre séduisant, il demeure un personnage peu recommandable en soit. Il n'y a qu'à voir le générique d'ouverture où il se refait une santé en se comportant de manière odieuse avec tout ceux qu'il croise. Un personnage complexe donc qui ne s'arrête devant aucun obstacle alors qu'il se retrouve imbriqué dans un engrenage complexes où se croisent organisation criminelle élégante, triades hargneuses, flics corrompus, prostitués diverses et autres raclures délinquantes. Dopé d'une mise en scène frontale, c'est du cinéma direct et sans fioriture qu'on nous sert.

Malheureusement, la Warner voit d'un très mauvais ½il le résultat. Elle désirait un film d'action avec Mel Gibson en héros, elle se retrouve face à un polar bien noir avec un Mel Gibson entre deux eaux. Pour eux, c'est une évidence : la copie doit être sérieuse revue. Comme tout réalisateur impliqué dans son projet, Helgeland refuse de retoucher son bébé. Le studio se tourne donc vers Mel Gibson qui supervisera la révision épaulée par le scénariste Terry Hayes. Le principal objectif ? Atténuer la noirceur de l'½uvre. Le personnage de Porter étant le héros, il ne doit pas se montrer trop crapuleux. Exit donc la scène où il fout une torgnole à son épouse quand il découvre qu'elle est une junkie. Droguée ou pas, un héros ne peut pas battre sa femme. Le politiquement correct fait également son apparition, notamment avec la scène du chien. Tué froidement d'une balle en plaine tête dans la version d'origine, il ne sera plus que blessé.

Pour compenser la violence du comportement de certains personnages, un peu d'humour est incrusté ici et là comme l'excellent gag du clochard dans l'ouverture. L'½uvre devient plus détendue et donc acceptable. D'une manière similaire, la nouvelle version se voit apposer des filtres bleutés. Là où la photographie a été conçue dans une optique naturaliste en accord avec son inspiration 70's, celle-ci gagne une ambiance terne du plus bel effet. Cette stylisation a de toute évidence été rajouté pour créer une distance par rapport à la violence du long métrage. Mais en plus de tout cela, c'est la narration même de l'intrigue qui a été remanié. Le film se voit ainsi apposé une voix-off pour expliquer plus clairement ce qui se passe mais surtout toute la dernière partie du film a été chamboulé. A la base, le grand chef de l'organisation Bronson ne devait être qu'une voix téléphonique (féminine !) et le personnage devait rester reclus dans sa tour d'ivoire. De toute évidence, les producteurs désiraient que le film dispose de la présence d'un grand méchant que le héros aurait loisir à exterminer. C'est ainsi que Kris Kristofferson récupère le rôle lors des reshoots qui prévoient une fin nettement plus heureuse que le pessimisme de la conclusion originelle.

Pourtant, faut-il vraiment rejeter cette version corrigée ? Contrairement aux habitudes, la réponse est non. Malgré toutes ses concessions évidentes, payback version cinéma reste un film hautement recommandable. Le fait est qu'en dépit de son remodelage, le film tient parfaitement la route et respecte souvent ses ambitions premières. Producteur du film via sa société Icon, on sent que Mel Gibson a tout fait pour que le film reste respectable au-delà de sa nouvelle ligne de conduite. Comme le rappelle Trey Parker et Matt Stone dans leur célèbre série : on peut dire ce qu'on veut sur Mel Gibson mais cet enfoiré sait construire une histoire. La nouvelle version du script est ainsi repensée avec intelligence et soin. La nouvelle intrigue autour du fils de Bronson s'intègre ainsi à merveille aux reste du métrage et tient bien le coup (même si l'ado s'avère être une tête à claque). La voix off s'appose également avec harmonie sur les images. À l'inverse d'un blade runner, celle-ci s'avère particulièrement bien écrite et évite de trop paraphraser ce qui se passe à l'écran. Quant à la violence du récit, elle est conservée mais juste redirigée vers les méchants de l'histoire. L'hommage 70's reste intact et le film est d'une efficacité brut de décoffrage. Mieux, on peut facilement considérer certains choix de la production comme meilleur que ceux de Brian Helgeland. On peut ainsi s'interroger sur la classe de la photographie, l'apport de la voix-off renforçant le côté film noir ou encore le changement de BO au profit de celle jubilatoire de Chris Boardman.

Director's cut ou version cinéma, les deux long-métrages (très différents au final) se défendent tout les deux. Chacune contiennent leurs qualités et leurs défauts propres. Que ce soit dans une version ou dans l'autre, payback reste un excellent polar hard boiled diablement sympathique.

# Posté le lundi 28 juillet 2008 06:00