labyrinthe

labyrinthe
Réalisation : Jim Henson
Scénario : Terry Jones
Avec David Bowie, Jennifer Connelly et Brian Henson
Genre : fantasy
Durée : 1H36

HISTOIRE : Une toute jeune fille romantique se sentant mal à l'aise dans sa famille s'évade en lisant des contes fantastiques. Son livre favori "le Labyrinthe" lui ouvre une nuit les portes d'un autre monde. Sarah voit son jeune frère, Toby, enlevé par une troupe de lutins aux ordres du séduisant et cruel Jareth. Elle part au secours de l'enfant et pénètre dans le labyrinthe qui mène au palais du ravisseur.


Il existe des ½uvres qui bénéficient de conjonctures miraculeuses. Par un heureux hasard ou une envie d'offrir le meilleur travail possible, certains films se composent d'une somme de talents incroyables. Voilà qui rend toute suite plus attractif une ½uvre par rapport au tout venant. Le souci est que cette alléchante affiche peut se retourner contre le film. Cette réunion prestigieuse provoque une trop forte attente et le résultat déçoit alors forcément. L'équipe a beau faire son boulot avec leurs compétences habituelles, le résultat n'est pas forcément la somme de leurs talents. C'est ce qui se passe avec ce LABYRINTHE dont le générique ferait bander n'importe quelle personne sensée. Jugé plutôt : George Lucas à la production, des créatures signés par le studio de Jim Henson, un scénario écrit par Terry Jones, une musique composé par Trevor Jones, David Bowie en prince des lutins et last but not least, Jennifer Connelly en héroïne. Une sacrée prochaine de star dans leurs domaines respectifs. Malheureusement, aussi charmant soit ce voyage, labyrinthe n'est pas une claque et se montre une production pas toujours conçu dans la meilleure optique.

Evidemment, on pourrait sortir le joker traditionnel : le vilain George Lucas est passé par là. Mais il apparaîtrait vain de faire ressassé une nouvelle fois sur le côté obscur du papa de star wars avec ses raisonnement de costards-cravates. D'autant plus qu'on ne dispose pas de preuves tangibles de son incursion dans ce projet, on évitera de jouer la même rengaine. Cela n'empêche pas labyrinthe de souffrir de certains choix assez agaçants. Si voir David Bowie incarné un machiavélique roi est un plaisir de part son redoutable charisme, on sera moins enthousiaste de le voir régulièrement poussé la chansonnette. Ça n'est pas que la voix du chanteur soit détestable mais cet apport musical est loin d'être toujours justifié que ce soit pour des raisons narratives (le morceau magic dance interrompt carrément l'intrigue) ou d'ambiance. Les chansons sont en effet du pur rock 80's bien tache agréable pris seul mais qui font un peu désordre dans un univers de fantasy. On peut facilement considéré que le choix de Bowie dans le rôle fut motivé par la possibilité de sortir une BO fichtrement vendeuse. Cela expliquerait d'ailleurs pourquoi Trevor Jones signe une partition terriblement ancré dans les 80's au lieu de ses fulgurantes envolées orchestrales. Toujours dans une optique marketing, on peut s'interroger sur l'utilité de certains personnages comme ce vieillard au chapeau louche ou ces créatures à tête interchangeable. Des créations originales et charmante mais qui ne servent pas vraiment à grand-chose dans l'histoire et semble surtout nourrir les rayons de jouets dérivés pour la sortie du film. Cela dit, il y a eu pire comme développement mercantile.

Car si on pointera ici et là les orientations douteuses du projet, labyrinthe reste une ½uvre écrite avec un sens de la féerie, de la magie et de l'enchantement qui échappe à de nombreuses productions actuelles. Metteur en scène des films de la troupe des monty python dont il a fait parti, Terry Jones est une personnalité dont on a trop rapidement oublié la compétence et qui est resté dans l'ombre de son comparse Terry Gilliam. C'est d'ailleurs sans grand étonnement qu'on retrouve des similarités entre le travail des deux bonhommes. Le scénario de labyrinthe présente ainsi de nombreuses similarités avec le time bandits que Gilliam signa 5 plus tôt. Le début est notamment pratiquement identique. On découvre notre personnage principal qui s'avère fasciné par les univers imaginaires et qui va s'y retrouver projeté. Reste à savoir néanmoins si cela est bien réel et non hallucination. En ce sens, les deux films réclament l'attention du spectateur quant à la décoration de la chambre des héros et héroïne, cette dernière contenant foule de détails étranges en lien avec l'aventure qui va suivre. Néanmoins, si Gilliam relatait dans son film l'importance de l'imagination dans un monde fade et sans intérêt, Jones livre quant à lui un message plus classique sur le passage à l'adulte. Notre héroïne adolescente est en effet tellement fasciné par les contes de fées qu'elle en est prisonnière. Elle devra affronter ces derniers pour pouvoir sans détacher et grandir même si la fin rappelle qu'il ne faut pas se détourner de son imaginaire. Malheureusement, le traitement de ces thématiques est bien moins convaincant que chez Gilliam. La faute en revient à un script bien trop orienté vers l'action et qui ne laisse plus de grande place au sous-texte.

C'est néanmoins un sacré périple que nous offre Terry Jones. Cumulant nombres de clin d'½il aux contes, Jones offre une aventure passionnante où l'inventivité règne en maître. De personnages en hauts en couleurs en situations étonnantes, son imagination ne connaît aucune limite. Il se permettra même d'inclure un côté trash très monty pythonesque avec le passage dans les marées à la puanteur éternelle au sound design raffiné. De bonnes idées le script n'en manque donc pas, ce qui fait plaisir là où les productions qu'on se coltine actuellement cherche à jouer sur le spectaculaire. Il faut dire que les contraintes techniques de l'époque empêchaient de pouvoir concrétiser facilement des visions incroyables. La grâce du numérique ne rendait alors pas tout possible comme l'atteste l'apparition d'un hideux hibou en 3D dans le générique d'ouverture. Du coup, il fallait jouer sur d'autres aspects pour mettre en image des histoires aussi ambitieuse. C'est là qu'interviennent les compétences de Jim Henson. Pour être franc, le papa des muppets n'est pas le cinéaste le plus passionnant qui soit. Son travail sur la caméra s'avère en effet très décevant puisque sortit de quelques travelling et mouvement de grue bien sentis, sa mise en scène reste assez statique.

Son talent tient plus dans un découpage d'une grande pertinence (la scène finale des escaliers en est le meilleur exemple) et surtout dans une maîtrise technique complète. Si aujourd'hui les créatures seraient générées par ordinateur, il n'y avait à l'époque pas d'autres choix que de les réaliser en live. Labyrinthe présente ainsi une quantité très importante de marionnettes et de maquillages à la qualité extravagante tant leur crédibilité est constamment assuré. Usant de méthodes d'une constante habilité (personnes de petite détails dans des costumes, cadrages étudiés pour masquer les trucages de l'animation), Henson arrive à rendre réelle son univers fantaisiste sans une seule fausse note. Les trucages sont pensés avec une intelligence folle pour ne jamais coupé le spectateur de la magie du spectacle. Alors oui on dira que les décors sont en carton-pâtes et souvent étriqués (le matte painting et la perspective forcée est utilisé perpétuellement) mais quel envoûtement sans dégage par la passion des artisans qui s'y sont consacré !

Toutes les man½uvres en dessus de table susmentionnées n'y change rien, labyrinthe est une ½uvre qui contient de la vraie magie et un pouvoir d'enchantement véritable. Porté par la passion de leurs auteurs dans la fantaisie, il s'avère un spectacle d'une grande audace dont le temps ne peut détruire les qualités artistiques.
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# Posté le lundi 14 juillet 2008 13:24

halloween

halloween
Réalisation : Rob Zombie
Scénario : Rob Zombie
Avec Scout Taylor-Compton, Malcolm McDowell et Brad Dourif
Genre : épouvante
Durée : 1H46

HISTOIRE : Un 31 octobre, à Haddonfield, Illinois, le soir de la fête des masques de Halloween... La vie du jeune Michael Myers, 10 ans, bascule. Troublé par des pulsions morbides, moqué par ses camarades d'école parce que sa mère est strip-teaseuse, harcelé par son beau-père, tourmenté par les premiers émois sexuels de sa soeur aînée, il revêt un masque en latex et, dans un accès de folie, assassine la moitié de sa famille au couteau de cuisine. A la suite de cette nuit de cauchemar, il est pris en charge par le Docteur Sam Loomis, un brillant pédopsychiatre, mais tue sauvagement une infirmière, précipitant le suicide de sa mère, désespérée. Un 31 octobre, 17 ans plus tard. Toujours dissimulé derrière un masque et enfermé dans son mutisme, Michael s'échappe de la prison psychiatrique où il a grandi et recommence à semer des cadavres sur sa route. Convaincu qu'il est une incarnation du mal à l'état pur, le Docteur Loomis part sur sa piste. Celle-ci mène directement à Haddonfield, là où se trouve toujours la petite soeur de Michael, Laurie, seul membre de sa famille encore en vie.


Il existe deux grandes méthodes pour réussir à réaliser un bon remake. La première est de revoir complètement la copie originelle. On oublie tout ce que son prédécesseur a fait et on repart de zéro. On donne à l'histoire et aux personnages un nouveau sens. On s'écarte de l'original le plus possible pour obtenir des mêmes bases un film complètement inédit. La seconde manière est au contraire de coller à l'esprit du film réorchestré. Sans forcément reprendre exactement les mêmes plans et scènes, on affiche son respect au travail original en conservant l'ambiance qui s'en dégageait. L'½uvre reste la même bien que sa représentation peut être remodelé. Projet assassiné par les fans avant même sa sortie (se rappeler l'affaire du workprint), le remake d'HALLOWEEN nous sort le deux en un.

Un rendu peu étonnant du fait du mariage bâtard dont il est issu. D'un côté, nous avons l'iconoclaste réalisateur Rob Zombie. Pour l'auteur des excellents devil's rejects et house of 1 000 corpses, il était insensé de refaire le classique de John Carpenter (½uvre ultime du genre on ne le dira jamais assez) sans lui donner un poids nouveau. Néanmoins, si le bonhomme a eu la bénédiction de Big John pour refaire sa création comme il l'entendait, cela n'allait pas forcément être du goût de ses commanditaires. Car le projet reste avant tout la commande d'un studio et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de Dimension Films, la boîte des inaliénables frères Weinstein. Inutile de dire que Rob Zombie allait devoir leur faire plaisir si il voulait avoir un tant soit peu de liberté en signant une version respectant le cahier des charges fixé par l'original. Ce mélange fut la principale critique faite à l'encontre du remake par les spectateurs reprochant une deuxième heure trop conventionnelle par rapport au travail de la première. Pourtant, le problème de ce remake qui demeure une relative déception est bien autre part que dans son partage entre originalité et traditionalisme.

Commençons toutefois par aborder ce qui ce qu'on peut assimiler à la vision de Rob Zombie. La grande nouveauté qu'il a voulu inclure à une série s'embourbant dans les suites à rallonge fut d'humaniser le personnage de Michael Myers. Comme très souvent chez Carpenter, ce méchant d'anthologie est à la base une pure incarnation du mal. Silhouette anonyme, masque blanc impersonnel, gestuelle mécanique pour une efficacité maximale... Myers n'a aucune autre obsession que de tuer les gens qu'ils croisent. Rien n'explique ce comportement et rien ne semble pouvoir le détourner de ce but. Rob Zombie veut lui déconstruire ce personnage posé par Carpenter. Comme le veut la ligne de conduite des années 2000, les figures mythologiques n'ont plus lieu d'être et doivent être ramené à un niveau humain. Rob Zombie s'attache alors à décrire comment ce garçon semblant normal est devenu une créature aussi désincarnée que dévastatrice.

Il crée ainsi la surprise dès la scène d'ouverture. Là où s'attendait à se retrouver à voir un crime nocturne commis par le petit Myers, Rob Zombie commence par un matin ensoleillé où il introduit la famille dysfonctionnelle du célèbre boogeyman. Rob Zombie nous montre un enfant dont les troubles intérieurs ignorés et même favorisés par un environnement en décomposition le poussent à la folie meurtrière. Cachant son humanité derrière un masque, il se renferme et ignore le monde qui l'entoure jusqu'à ce rendre compte qu'il doit le faire face. Mais là où une personne ordinaire s'exécuterait par des gestes de noblesses, Myers va provoquer un bain de sang envers ce monde qui ne le comprend pas et ne l'aide pas. Zombie qui avait déjà réussit à nous faire attacher à cette vermine de famille Firefly nous fait alors ressentir de l'empathie pour ce malheureux monstre. Il arrive même à nous sortir un brillant ressort dramaturgique dans les 20 dernières minutes lorsque Myers présentant les restes de ses émotions à sa s½ur sera attaqué par celle-ci à cause de l'incompréhension de leur rapport.

Malheureusement, l'excitante entreprise ne convint pas toujours. Le problème ne vient pas vraiment du contenu qui s'avère vraiment passionnant. On reprocherait bien certaines révélations paresseuses comme la genèse du fameux masque qui ne sont pas sans rappelés certaines explications de la prélogie star wars mais dans l'ensemble, le traitement demeure constamment intéressant. Le problème tient bien plus au niveau du travail de conteur. La narration souffre en effet d'un effet cumulatif assez bordélique qui est loin de rendre aussi bouleversante que sa l'ambition du long métrage. Difficile de ressentir ce qui devait être le processus de déshumanité de Michael Myers lorsqu'on joue de l'ellipse à tout va. Le récit passe du coq à l'âne et expédie trop facilement certaines évolutions pourtant primordial du personnage (son mutisme arrive comme un cheveux sur la soupe). Lorsque ce premier acte se retrouve clôturé par le discours du professeur Loomis (impeccable Malcom Mcdowell) expliquant que Myers est la somme d'évènements internes et externes, la déception prend à la gorge.

Les 40 minutes précédentes ont bien abordé ce sujet avec des séquences parfois incroyables mais la démonstration dans son ensemble est décousue et donc peu captivante. De la même manière, Rob Zombie peine à concrétiser son ambition de construire un monde peu reluisant. Car finalement, aucun personnage n'apparaît foncièrement sain d'esprit et le chaos animant Michael Myers n'est pas étranger aux personnes qui l'entourent. Loomis avoue que sa vie est tellement merdique que Myers en est devenu son meilleur ami, la mère de Myers est aimante envers son fils mais complètement dépassé par tout ce qui lui arrive, les adolescentes tiennent à longueur de temps des discours chargés de sexualité... Mais cette description d'un monde fucked up s'avère mal maîtrisé. Elle pâtit surtout d'un montage peu équilibré entre ses divers personnages rendant le propos éminemment brouillon et rendant frustrant certaines apparitions d'acteurs (Udo Kier et Sybille Danning entre autres). La director's cut, malheureusement non exploité sur le dvd zone 2, règlent peut être ce problème mais dans l'état le film proposé n'exploite pas tout son potentiel.

On ne peut néanmoins pas nier la qualité de ce travail sur des personnages en cherchant à leur donner une réelle crédibilité. Cela ressent tout particulièrement au niveau des adolescentes. Si leurs propos tournent autours d'allusions obscènes et vulgaires, ils ne tombent jamais dans l'exagération. Nous ne sommes pas dans une pantalonnade à la hostel. Halloween cherche véritablement à faire vivre ses clichés. On touche alors à l'aspect purement slasher de l'entreprise. On reconnaîtra certes qu'on est là en terrain connu avec cette série ininterrompue de meurtres et de poursuites mais Rob Zombie appose son style pour relancer la machine. A la mise en scène direct et sans fioriture de Carpenter, Zombie opte pour une approche brutale caméra à l'épaule en accord avec sa volonté de faire une peinture réaliste de son personnage principal. Le boogeyman invincible au ton d'ubiquité inquiétant devient donc une force de la nature dont l'impressionnante carrure justifie sa coriacité. Le bonhomme n'hésite ainsi pas à démolir les décors au travail excellent pour pouvoir arriver à ses fins. Certains trouveront qu'on touche au bourrinage crétinoïde typique du remake mais cela est parfaitement adéquat avec la relecture. Relecture qui s'avère toutefois très respectueuse par un nombre impressionnant de clin d'½il au film original (diffusion de the thing, masque de clown en hommage au premier masque envisagé par la production, etc...).

Il n'est donc pas question ici de sacrilège ou de trahison. Malgré les quelques exigences fixées par la production, le film reste autant fidèle à son auteur qu'au film dont il s'inspire. halloween déçoit plus par une traitement ne rendant pas toujours justice aux folles attentes qu'il a engendré. Peu de slasher peuvent toutefois prétendre disposé d'un propos aussi intéressant et ce genre d'approche sans concession.

# Posté le dimanche 13 juillet 2008 12:04

wanted

wanted
Réalisation : Timur Bekmambetov
Scénario : Michael Brandt, Derek Haas et Dean Georgaris
Avec James McAvoy, Angelina Jolie et Morgan Freeman
Genre : action
Durée : 1H50

HISTOIRE : À la mort de son père, un jeune homme découvre que ce dernier était un assassin professionnel. Il est alors recruté par son agence pour reprendre le flambeau...


Qui croit encore au rêve américain ? Cela ne fait-il pas depuis bien lointain que nous savons que cette façade attirante et propret cache un univers impitoyable et peu reluisant ? Pourtant, beaucoup de cinéaste semble rester attaché à cet imaginaire. Il n'y a qu'à voir parmis nos compatriotes le nombre de réalisateur s'exilant aux USA. Comment pourtant un tel mouvement peut se maintenir alors qu'une grande partie des cinéastes qui ont tenté l'aventure en sont revenus avec des rêves brisés et une mentalité concassée en ne laissant derrière que des ½uvres sacrifiées ? On peut bien sûr expliqué cela par la volonté de faire jouer la chance et l'envi d'être l'exception à la règle pour réaliser le fantasme de réussir à inspirer le cinéma hollywoodien. Comme le résume Pitof (pas le plus grand réalisateur qui soit, on l'accorde) : “on nage au milieu de requins en espérant qu'une hélicoptère de secours viendra. Mais généralement il ne vient pas...”. Pris dans l'engrenage d'une machine industrielle rigide, les réalisateurs étrangers n'ont qu'une faible marge de man½uvre devant s'accorder sur des instances de production et du marketing (pas de violence ou de truc dérangeant, on veut du PG-13, on cible les djeunz, pas de réflexion donc, faut tout caser en 1H30 pas plus, prendre des grosses stars même si elles jouent comme des savates). C'est la désillusion la plus complète. En même temps, reconnaissons qu'il est difficile de ne pas résister aux sirènes d'Hollywood offrant l'opportunité de réaliser des types de projets difficilement montable dans son pays d'origine. Car si les résultats ne sont pas toujours à la hauteur, Hollywood offre pratiquement quotidiennement des idées de film au pitch excitant. Il offre également la garantie d'une production professionnelle parfaitement rodée. Une qualité non négligeable et qui rendait nettement plus intéressante le passage à l'ouest du russe Timur Bekmambetov. On pouvait en effet espérer que cette expérience américaine aurait permis à ce réalisateur pété du bulbe de transcender son style. Malheureusement, WANTED maintient le niveau d'un réalisateur qui ferait mieux de penser avant d'agir.

L'idée qui faisait de wanted un projet diablement excitant était de voir comment aller se passer la rencontre entre le système Hollywoodien et cette bête curieuse de Bekmambetov. D'un côté, nous avons un univers rigide qui n'est pas franchement pour l'originalité où il vaut mieux donc rentrer dans le moule. De l'autre, nous avons le réalisateur du pétaradant night watch qui, avec ce plus gros budget de l'histoire du cinéma russe (et plus gros succès), avait signé un festival de port n'wak où les références s'agglutinaient au moins tout aussi rapidement que les effets de styles. Une ½uvre tour à tour assommant pour cette profusion sans queue ni tête mais également excitant par les multiples idées de mise en scène en immergeant. Bref, nous sommes face à un homme aux antipodes du conventionnalisme hollywoodien. On pouvait alors espérer que wanted serait le terrain d'entente des deux parties. L'½uvre aurait pu trouver un équilibre entre les deux styles et avait ainsi des chances d'être un des meilleurs divertissements estivaux de cette année. Malheureusement, il est de toute évidence arrivé ce qu'on voudrait qu'il arrive à d'autre : on lui a laissé les mains libre. Du coup, wanted suit tout droit les traces de night watch.

Dès la première scène d'action, les espoirs s'envolent d'obtenir de wanted le divertissement bourrin mais bien foutu attendu. Tout comme sur le premier opus de sa trilogie fantastique, Bekmambetov noie ses idées de mise en scène souvent incroyable sous un amas d'artifices éreintant. On se retrouve face à une montagne de ralentis mal placés (le casting est loin d'en sortir grandit), des accélérés insupportables et des distorsions de l'images à en gerber. Tout ceci apparaît plus que regrettable par rapport au sens du spectaculaire qui anime le bonhomme. Les idées visuelles audacieuses pullulent comme le suivi du trajet d'une balle sur plusieurs kilomètres mais Bekmambetov les maltraite. En ne sachant pas comment en tirer le meilleur parti, il en fait trop et se plante. Les scènes d'action ne sont pas en reste. Celles-ci affichent un nombre hallucinant de chorégraphies impressionnantes et de plans de ouf. Mais en craignant de ne pas assurer le maximum de dynamisme à ses scènes, il va les surdécouper les rendant alors illisibles. Les cascades souvent excellentes (même si entaché d'effets de spéciaux baclés) perdent alors de leur impact. Le plaisir ne peut plus être que dans le régressif. On ne savoure plus le spectacle, on le laisse nous provoqué une excitation primale. C'est certes déjà pas mal mais par rapport aux cartes qu'avait en main Bekmambetov, c'est trop peu. Il n'y a qu'à voir l'utilisation qu'il fait de la musique de Danny Elfman. Le plus grand ami des super héros (c'est qui qui a composé les meilleurs thèmes du genre ?) n'est utilisé que de manière parcimonieuse, cédant souvent sa place à une BO rock rigolote mais sans grand plaisir.

A ce désordre visuel s'appose un script tout aussi peu bouleversant. Comme sur night watch, Bekmambetov se laisse trop aller à jouer avec ses influences. De toute évidence, le monsieur a subit le choc matrix et depuis 10 ans, il ne s'en est pas remis. Mais si la référence se sentait énormément sur night watch, elle vire ici au plus simple copié/collé. Les 3/4 du film s'apparente à un recyclage de l'opus des frères Wachowski. On se retrouve face à un quidam (James McAvoy étonnamment convaincant en action hero) qui a une vie de merde entre son appart cradingue et son boulot moribond de bureaucrate. Heureusement, il rencontre une bombasse (Angelina Jolie fidèle à elle-même) qui lui apprend qu'il est une sorte de super héros qui peut faire plein de truc pas croyable. Il découvre que le monde ne fonctionne pas comme il pensait et commencer à apprivoiser non sans difficulté sa nouvelle condition. Et pour faire bonne mesure, le tout est saupoudré de questionnement identitaire et de réflexions sur nos choix. Gros effet de déjà vu qui se prolonge jusqu'à une révélation à la star wars. Wanted tente néanmoins de faire passer la pilule en jouant là encore sur certains gimmick qui passent pour certains comme l'alléchante voix off à la Chuck Palahniuk. Mais d'autres sont nettement moins faciles à digérer comme le penchant putassier de la production. Le film n'hésite ainsi pas à faire gicler de la cervelle, à exploser sans vergogne des rats et affiche un certain mépris de la vie humaine (voir comment une catastrophe ferroviaire tuant des centaines de personnes est traité par-dessus la jambe). Comme dirait Cricri d'amour : pas cool.

Mais même si il y a des passages d'un goût douteux, Wanted se montre un spectacle plus abouti que night watch. Le film procure un réel plaisir coupable par une frénésie mal maîtrisé par faisant preuve d'une générosité sans borne. On prie néanmoins pour que Timur Bekmambetov arrive enfin à passer le cap et pourquoi pas avec les deux suites annoncées...

# Posté le samedi 12 juillet 2008 04:24

Thomas Crown

Thomas Crown
Réalisation : John McTiernan
Scénario : Kurt Wimmer et Leslie Dixon
Avec Pierce Brosnan, Rene Russo et Denis Leary
Genre : thriller
Durée : 1H48

HISTOIRE : Financier reputé, mecène généreux et collectionneur d'art, Thomas Crown a le goût du risque, du jeu et de l'aventure. Sûr de lui, il reste pourtant un solitaire invétéré qui n'a jamais entretenu que de brèves liaisons. Depuis quelques semaines, il sacrifie ses déjeuners pour visiter le plus grand musée de New York et y admirer a loisir une toile de Van Gogh. Le conservateur lui fait remarquer un Monet d'une valeur inestimable qui laisse le financier indifférent. Un jour, un commando de quatre hommes investit le musée. Crown en profite pour dissimuler le Monet dans son cartable.


Est-ce qu'il suffit qu'un film soit classe pour pouvoir être considéré comme réussit ? À l'heure où le tout numérique permet de concevoir toutes les images les plus fantaisistes imaginables, il apparaît bien difficile d'apprécier un spectacle ne se basant que sur ses vertus visuelles. On ne parlera même pas de ses produits manufacturés à la chaîne usant d'effets tape-à-l'½il hérités du clip qui souhaite en mettre plein la vue pour masquer sa faible teneur. Le cinéma hollywoodien actuel peine à resituer tout l'intérêt de l'écriture face à cette possibilité illimitée de capter l'attention des spectateurs. Or on s'accordera à dire que le plus bel effet spécial qui soit ne sert à rien si il ne sert pas un récit crédible comme nous l'avons vu dernièrement avec Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Le réalisateur John McTiernan n'a d'ailleurs jamais nié cette nécessité. Comme il le dit si bien, les trois qualités primordiales selon lui d'un film sont : un bon scénario, un bon scénario et un bon scénario. Rien ne sert mille et une virtuosités visuelles si elles ne servent pas à dire quelque chose. On prendra néanmoins du recul par rapport à ces propos puisque le réalisateur de die hard n'est pas exempt de sérieux paradoxes. N'a-t-il pas institué chez toute une génération de cinéaste l'importance d'une mise en scène donnant le maximum d'information juste par l'image ? Mais n'est-il pas en même temps fasciné par les mécanismes du langage en donnant dans tous ses films une propension linguistique ? Si le scénario est primordial à ses yeux, McTiernan n'en demeure pas moins capable de livrer des fourreaux incroyables à des scripts n'en méritant peut-être pas tant. On retrouve bien cela dans ce THOMAS CROWN, remake du film de Norman Jewinson.

Abandonnant le naufrage du 13ème guerrier dont la post-production calamiteuse lui tapent sur les nerfs, McTiernan va concevoir cette commande comme une gigantesque récréation. Thomas Crown apparaît comme un exécutoire aux pensées maladives engendrés par la terrible expérience sur sa fresque épique. Il va alors injecter toute sa passion et son envie de filmer dans la représentation de ce scénario signé par le mésestimable Kurt Wimmer (ultraviolet) et la palotte Leslie Dixon (et si c'était vrai). Une base qui ne fait pas forcément saliver surtout au vu des faiblesses de l'½uvre originale. Mais McTiernan transcende tout cela. Il n'est pas inaccoutumé du fait. 7 ans plus tôt, il avait bien réussit à transformer cette comédie romantique légère qu'était medecine man en magnifique peinture de la jungle amazonienne. Du jeu du chat et de la souris originel, McTiernan en fait un pur objet de raffinement et d'élégance. Il n'hésite ainsi pas à exploiter la personnalité fantasque et richissime de Crown. Cela passe bien sûr par l'étalage de sa richesse au gré de séquences rafraîchissantes aussi bien intimistes (la partie de golf) que spectaculaire (le catamaran et le planeur). Mais McTiernan modifie surtout la compréhension de l'½uvre en changeant le contexte de son pitch. Plutôt que de mettre en scène un énième casse de banque, il opte pour un vol de tableau. McTiernan inclut la notion d'amour de l'art au personnage, lui donnant ainsi un sens plus intéressant que celui de simple riche qui s'ennuie dans son quotidien. Cette notion sera répartit pendant tout le film et permettra à McTiernan de se permettre de filmer de nombreux objets d'art avec le talent qu'on lui connaît.

Est-il d'ailleurs encore utile de rappeler toute la compétence du bonhomme dans ce domaine ? Il est en effet difficile de ne pas être captiver par cette science du découpage, ces mouvements de caméra magnifiques et ses multiples idées de mise en scène. Certes, certains d'iront que c'est impersonnel mais cela fait partie de son style. L'art de McTiernan réside dans la capacité de se faire indétectable. Invisible, discret mais jamais absent, sa réalisation fait autant preuve d'une intelligence monstrueuse que de dynamisme. On n'est d'ailleurs pas près d'oublier les deux scènes de casse du film aux orchestrations méticuleuses où l'utilisation de la chanson sinnerman se fait jubilatoire (c'est autre chose que chez Michael Mann). Ce talent inaliénable arrive même à rendre captivant les scènes les plus risibles du script. Il n'y a qu'à prendre la scène de sexe qui sur le papier ressemble au passage obligé d'un Hollywood night. McTiernan vire tout le grotesque de la séquence par une débauche de jeux sur la photographie, les cadrages et le montage. Mais en soit, cette liberté de ton esthétique est assez adéquate par rapport à l'histoire fondée sur la diversion et les tours de passe-passe. McTiernan inscrit d'ailleurs cette idée dès le générique où les lettres du casting s'inverse sans impact sur leur lecture.

Mais difficile de nier le manque d'intérêt susciter par l'histoire en elle-même. À l'instar du film original, ce nouveau jeu de séduction n'a en effet pas grand-chose dans son écriture pour attirer l'attention. Si la musique de Bill Conti aux accents latins se fait entraînant, le récit de cette rivalité teintée de romantisme (à moins que ce ne soit l'inverse) ne dispose de guère d'argument. Entaché d'un rythme assez mou, Thomas Crown ne passionne guère avec ses personnages peu approfondis. Si ce remake tente d'explorer son personnage titre par l'apport d'une psychiatre interprété par Faye Dunaway (c'est ce qu'on appelle un clin d'½il), il n'y a pas grand-chose d'exceptionnel à se mettre sous la dent au-delà de ce qui a déjà été dit. Les personnages ne fascine guère, le déroulement de l'intrigue est assez facile et une certaine loirdeur entache parfois le tout. Le charme du couple Pierce Brosnan-Rene Russo ne change pas la donne. La mise en scène de McTiernan par contre oui. En se plaçant aux antipodes de la réalisation vieillotte de Jewison (okay il a inventé le split screen et après ?), McTiernan donne un caractère racé à son ½uvre la rendant, à défaut de passionnant, captivante.

L'intérêt de ce remake ne repose donc pas foncièrement un scénario galvaudé malgré la qualité des apports exécutés. Thomas Crown mérite le coup d'½il pour la maîtrise de son spectacle dont la qualité formelle sert à renforcer les lignes conductrices de son histoire plus que les images elles-mêmes. Voilà qui rappelle à quel point McTiernan est un réalisateur qui manque aujourd'hui au paysage hollywoodien.
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# Posté le vendredi 11 juillet 2008 06:26

Hancock

Hancock
Réalisation : Peter Berg
Scénario : Vincent Ngo et Vince Gilligan
Avec Will Smith, Charlize Theron et Jason Bateman
Genre : action
Durée : 1H40

HISTOIRE : Il y a les héros, les super-héros et il y a... Hancock. Ses superpouvoirs lui ont souvent permis de sauver d'innombrables vies, mais les dégâts monstrueux qu'il fait au passage ont fini par le rendre impopulaire. Les habitants de Los Angeles n'en peuvent plus et se demandent ce qu'ils ont bien pu faire pour mériter un "héros" pareil. Hancock est une tête de mule irascible qui n'est pas du genre à se soucier de ce que pensent les gens... du moins jusqu'à ce qu'il sauve la vie de Ray Embrey, un spécialiste des relations publiques. Le super-héros le plus détesté au monde commence alors à réaliser qu'il n'est pas aussi insensible qu'il voudrait le faire croire...


Lorsqu'on y regarde, il existe peu de films de super héros qui ne soit pas adapté (ou tout du moins inspiré) par un comic book. C'est sur les doigts de la main qu'on peut compter les ½uvres originales mettant en scène des super héros sans l'appui d'un matériau d'origine. Il faut dire que la bande dessinée est restée pendant très longtemps la seule possibilité pour conter les aventures titanesques d'héros dotés de pouvoirs surpuissant. L'univers de la bande dessinée est plus ouvert à ce genre de débordement fantastique grâce à un lectorat fidèle et surtout à des coûts minimisés. Inutile de sortir de polytechnique pour se rendre compte qu'imprimer une page représentant l'explosion d'un immeuble coûte moins cher qu'un tournage en live de la dite séquence. Si aujourd'hui, l'adaptation est désormais possible par la grâce de la puissance numérique, les studios n'en demeurent pas moins frileux par rapport au genre. Malgré les succès des spiderman et autres X-men, les films de super héros actuels se reposent encore et toujours sur un matériel d'origine. Les studios évitent de créer de nouveaux concepts qui ne jouissent d'aucune popularité existante (pas besoin d'être un geek forcené pour connaître superman) et ne sont donc pas assuré d'obtenir un retour sur investissement même si le genre reste fructueux. Un projet comme HANCOCK fait par conséquent plaisir à voir en cherchant à créer un nouveau super héros. Un pari risqué toutefois puisque le résultat ne peut absolument pas garantir le respect envers les codes du genre. Néanmoins, les quelques maladresses du résultat sont bien pâles face à la construction travaillée du film.

La surprise est d'autant plus grande qu'elle est étonnante venant de la part du réalisateur Peter Berg et du producteur Michael Mann. Les précédents opus des deux bonhommes étaient loin de les présenter comme des gros fanas de comic book et les voir se lancer dans une telle entreprise est étonnante. Et pourtant, Hancock montre très souvent sa connaissance du genre, de ses ficelles et de son fonctionnement. En soit, l'idée même du super héros clodo et alcoolo n'est guère nouvel. Les super héros sont très souvent des marginaux qui combattent leurs troubles intérieurs comme ils peuvent (l'obsession de la justice pour batman, les boissons éthylique pour iron man). Hancock est un personnage s'inscrivant dans cette tradition même si ça représentation est ici poussé à l'extrême. Cela n'enlève néanmoins rien à la teneur du personnage dont la tendance autodestructive n'est que l'incarnation de ses maux. Si il se fait autant détester par les gens en les rudoyant avec vulgarité (ce qui offre nombre de passages hilarants), c'est pour assurer son statut de solitaire planté par sa condition physique. Dans ce rôle titre, Will Smith s'en sort avec les honneurs prolongeant une carrière loin d'être inintéressante dans le blockbuster marginal après je suis une légende.

Le reste du film ne démentit pas cette approche travaillée du genre. Le film n'oublie ainsi pas qu'au-delà du personnage, il faut lui construire un univers autour de lui. Si le film se situe dans le L.A contemporain, il y injecte des réflexions typiques du genre comme la responsabilité des destructions causé par l'exercice des super héros et colle dessus les personnages obligatoires tels les pauvres mortels aidant le héros dans sa tache planté par un remarquable Jason Bateman. Mais Hancock cherche à aller plus loin en s'attachant véritablement au caractère mythologique de son histoire. C'est là que le film peine à convaincre. Si jusqu'à présent, le film arrivait à fonctionner malgré une narration un peu trop mécanique, cette nouvelle ambition se montre loin d'être abouti. Sans révéler les morceaux les plus croustillants de l'intrigue, il est assez difficile de laisser entraîner par la dernière partie du film qui, malgré un romantisme touchant, s'embourbe dans l'invraisemblance (la perte des pouvoirs fonctionnent quand ça arrange les scénaristes) et manque d'envergure. La faute en revient à l'absence de véritable méchant. Si on excepte un vilain manchot coriace, le film ne dispose pas de grandes figures du mal. Une absence qui cause de sérieux problème à un climax qui se retrouve sans ampleur. C'est assez dommage puisque au détour d'un dialogue, on semble comprendre qu'il existe un groupe de personnes ligués contre les super héros.

On se consolera sur l'efficacité du divertissement. Car malgré son changement de genre, Peter Berg reste fidèle à son style. Dopé à la photographie aux teintes chaudes, Berg shoote son film caméra à l'épaule et zoom à tout va. Ultra-nerveux, méchamment tendu et excitant en diable... sa mise en scène demeure d'une efficacité hors pairs. Les scènes d'action ne sont pas nombreuses mais distille assez d'intensité lorsqu'elle intervienne et évite l'habituel charcutage habituel. On pourrait bien se plaindre d'effets spéciaux numériques trop visibles (notamment les scènes de vol du début) mais ils restent de qualité honorables et merveilleusement bien prolongé par des effets live du plus bel effet entre destruction de véhicules et explosions de façades. Ces passages manquent juste d'un élément musical prenant. Après le semi-échec de X-men 3, le compositeur John Powell est loin de nous livrer la grande BO de super héros qu'on est en droit d'attendre de lui. Le support musical est loin d'être catastrophique cela dit. Les partitions à motifs répétitifs sont diablement émouvantes et les ambiances jazz distillées sont du meilleur charme. Mais dès qu'il s'agit de rentrer dans l'action, Powell fait dans le fonctionnel et oubli d'inaugurer ne serait qu'un thème. Il faudra attendre le morceau final pour que l'orchestre commence à déchaîner un héroïsme bienvenu.

Plusieurs manques donc parsèment le film mais Hancock se montre un divertissement estival plus que satisfaisant en cultivant son spectaculaire et son intimiste avec soin. Après un surprenant le royaume, le parrainage de Michael Mann semble faire du bien à Peter Berg qui s'affirme de plus en plus comme un des meilleurs entertainmer hollywoodiens. Cela dit, c'est pas pour ça qu'on peut être rassuré de le voir s'attaquer prochainement à une adaptation du monstrueux de SF dune.
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# Posté le mercredi 09 juillet 2008 11:17