Scénario : Arthur Marcum, Matt Holloway, Mark Fergus et Hawk Ostby
Avec Robert Downey Jr., Terrence Howard et Gwyneth Paltrow
Genre : action
Durée : 2H05
HISTOIRE : Tony Stark, inventeur de génie, vendeur d'armes et playboy milliardaire, est kidnappé en Aghanistan. Forcé par ses ravisseurs de fabriquer une arme redoutable, il construit en secret une armure high-tech révolutionnaire qu'il utilise pour s'échapper. Comprenant la puissance de cette armure, il décide de l'améliorer et de l'utiliser pour faire régner la justice et protéger les innocents.
Lorsque le vin est tiré, autant le boire jusqu'au bout. Ainsi pourrait être résumé la politique du studio Marvel qui cherche apparemment à épuiser jusqu'au trognon son catalogue de comic books. Si on ne peut nier que le studio nous a offert des divertissements haut de gamme (quoiqu'en pense certains, spiderman 3 demeure un des sommets du film de super héros), la boîte de production est loin d'avoir maintenu à flot sa ligne conduite. Malgré une santé financière sans problème, les ennuis apparaissent nombreux autour de ce réservoir à fantasmes pour geek. Aux auteurs enrôlés pour mettre en boîte ces ambitieux projets (Bryan Singer, Sam Raimi, Guillermo Del Toro) se sont succédés les faiseurs sans grand talent (Tim Story, Brett Ratner). Le grand boss de la boîte Avi Arad a beau s'excuser à posteriori de ses choix curieux (Ang Lee pour Hulk), la pilule a du mal à passer face à des résultats artistiques généraux en chute. Un constat aggravé par des adaptations brisant souvent l'image des comics dont il s'inspire (le ghost rider dénué de ses aspects gothiques et heavy metal). Les ennuis vont même jusqu'à s'étendre en interne avec le patriarche Stan Lee qui souhaiterait bien voir son nom sur les affiches même si il continu de gracieusement à faire des caméos. Avec tout ça difficile d'accueillir à bras ouvert le projet IRON MAN.
Faisant partis des dernières grandes figures du catalogue Marvel encore a adapté, le projet iron man apparaît symptomatique de la baisse de régime du studio. En atteste le choix de son réalisateur Jon Favreau, réalisateur de elf (mignardise de Noël avec Will Ferrell) et Zathura (fausse suite de jumanji aussi nostalgique que mou du genou). Ça n'est guère le genre de personne a qui on penserait confier un film de super héros surtout que ses seuls incursions dans ce domaine furent des petits rôles dans batman forever et daredevil qui, on s'accordera à le dire, sont loin d'être des réussites du genre. Pourtant, comme l'attestait ses deux précédents métrage cités, Favreau demeure un faiseur au combien plus appliqué que les Ratner et autres Story. Impersonnel et manquant parfois un peu de punch, Favreau ne s'en montre pas moins appliqué. On reprochera néanmoins à la prod de ne pas l'avoir entouré de personnalité avec de réels compétence pour l'épauler. La production design préfabriqué reste assez honorable pour ne pas ennuyé mais manque d'un esthétisme fort. La musique fait de la même manière dans le fonctionnel, ne décollant jamais aussi haut que son héros titre. Seul l'équipe des effets spéciaux relève considérablement le niveau par un mariage d'animatronique d'effets numériques tout simplement bluffant. C'est d'ailleurs en leur présence que Favreau se montre le plus inspiré et apte à livrer des dynamiques séquences d'action un minimum impressionnantes. Il s'offre même un titanesque combat final de robot à la robocop 2 qui sans atteindre le niveau du film d'Irvin Kershner (auquel il emprunte certaines chorégraphies) remplit amplement le contrat du divertissement.
Dommage que l'action doive être mise en retrait. A l'instar du premier x-men, iron man se retrouve handicapé de ses obligations introductifs. Peu de place pour les incroyables pirouettes aérienne est accordé au regard des instances scénaristiques devant planté son décor et ses personnages. En dépit du certain respect envers le matériau d'origine, il faut malheureusement reconnaître que Marvel ne met guère la main à la patte en ce domaine. La densité du récit a beau captivé, il y a de quoi souvent tiquer fasse au manque d'envergure du projet dans le traitement de ses idées. D'un point de vu dramaturgique, le film affiche pratiquement un zéro absolu. Peu d'émotion transpire du film en dépit des occasions tel une relation d'amour platonique ou les liens patriarcaux entre le héros et le bad guy. Si il ne s'agit pas de massacré les concepts du comic comme dans ghost rider, iron man passe à coté de bonnes idées à saisir. Le polissage de la réalisation est d'un acabit identique par sa violence édulcorée (pas de sang malgré la présence assez stupéfiante de mort) et sa sexualité à fleur de peau (restons prude pour nos amis intégristes).
Pourtant, le personnage titre arrive à se tirer plutôt bien de cette politique. Il faut dire qu'un acteur de choix (et au combien adéquat) vu embauché pour le rôle. Flambeur, frimeur, alcoolique, fêtard, Don Juan... Voilà un rôle sur mesure pour le cabotin Robert Downey Jr. qui s'en donne à c½ur joie. Depuis que l'acteur de kiss kiss bang bang a mis au placard ses conneries de jeunesse et s'est racheté une conduite, il ne cesse à prier au firmament à chaque apparition. Inutile de dire qu'il porte iron man sur ses épaules et qu'il participe énormément (exclusivement ?) au plaisir procuré par le film. On regrettera bien sûr que le portrait du marchand d'arme, de ses doutes et de sa remise en question soit traité sans grand relief, surtout lorsqu'on pense à ce lord of war avait fait d'un tel sujet. mais l'implication de Downey balais tout ça. La présence de seconds couteaux comme l'impeccable Terrence Howard et l'impérial Jeff Bridges rajoute un peu d'estime au spectacle même si Gwyneth Paltrow fait tâche dans le décor.
Bref, iron man s'inscrit sans déshonneur dans la branche du divertissement simpliste du studio Marvel. En dépit du nombre incalculable de bonnes idées juste effleuré, le spectacle se laisse agréablement suivre. Il n'y a plus qu'à espérer que la suite fera la part belle aux scènes d'action...


