rawhead rex

rawhead rex
Réalisation : George Pavlou
Scénario : Clive Barker
Avec David Dukes, Kelly Piper et Cora Venus Lunny
Genre : horreur
Durée : 1H26

HISTOIRE : Quelque part en Irlande... En labourant son champ, un fermier libère accidentellement une créature monstrueuse, enterrée là depuis la nuit des temps. Plongé au c½ur du monde moderne, le monstre, doté d'une force incroyable et d'un appétit insatiable, va se venger des descendants des villageois qui l'ont jadis ensevelis...


Il y a toujours une certaine angoisse chez les auteurs littéraires à voir leurs travaux adaptés sur grand écran. Alors que l'écrivain travaille seul dans son bureau créant sans contrainte l'univers et l'histoire qu'il souhaite conter, celui-ci voit son ½uvre modifié par une kyrielle de personnes qui ne partage pas obligatoire une vision similaire à la sienne. Les résultats calamiteux sont légions et l'auteur est très souvent anéantit moralement par ce sacrilège. Certains auteurs décident pour éviter ce sentiment indésirable préfère se détacher du processus d'adaptation cinématographique. C'est le cas de Stephen King ne préférant guère jeté un ½il aux sous-produits nés de ses écrits. D'autres souhaitent coude que coude que la version cinématographique de leurs ½uvres soit la meilleure possible. Ça c'est le cas de Clive Barker. Imagineur de génie, créateur de l'horreur en technicolor, Barker est l'un des écrivains fantastiques les plus inestimables au monde. Mais il a mis un point d'honneur à toucher d'autres arts que ce soit la peinture, le jeu vidéo et donc le cinéma. Par trois fois, Barker joua les réalisateurs pour hellraiser, cabale et le maître des illusions. Malheureusement, Barker a du se rendre à l'évidence que si il pouvait imposer ses idées sur la feuille de papier, l'industrie cinématographique ne le laisserait pas faire autant sur pellicule. Sur ses trois long-métrages, deux tombèrent sous le joug des majors qui les remontèrent en les amputant de plusieurs séquences (12 minutes ont été sabré sur cabale et 20 sur le maître des illusions). Barker pensait crédulement qu'en s'imposant comme réalisateur, il aurait toute latitude pour transposer harmonieusement ses ½uvres.

Ce qui nous amènent au cas de RAWHEAD REX, adaptation d'une de ses nouvelles publiés dans ses livres de sang. Si Barker pensait qu'il obtiendrait plus de liberté en devenant réalisateur, c'est parce qu'il s'était rendu compte que le poste de scénariste était tout à fait insuffisant pour s'assurer de la bonne marche de l'adaptation. Il en fit la terrible expérience sur le film de George Pavlou. Conçu pour être l'opus initiale d'une série de DTV (heureusement un vice de forme dans les contrats empêcha la mise en chantier de suites), rawhead rex est bien loin de traiter l'½uvre de Barker avec déférence. Si la nouvelle originel souffrait d'un trop grand classicisme (c'était même une des plus faiblardes de ses 6 recueils de nouvelles), Barker y faisait preuve de son incroyable connaissance du genre et de son talent pour renforcer intelligemment des éléments basiques. L'auteur y développait des mécaniste psychologique aussi simple qu'efficace. Il n'y a qu'à lire les passages sur les pensées du monstre titre (notamment celui sur sa mort) pour mesurer le talent de Barker a manipulé les sentiments. La nouvelle se targuait également d'offrir un fond assez intéressant. Sur fond d'été caniculaire propice a échaudé les esprits, Barker dévoile un guerrier monstrueux tribal et barbare tuant tout le monde sur son passage mais redoutant les femmes. D'un coté, nous avons donc l'incarnation ultime du mâle sous testostérone obsédé et sans pitié et l'autre la femme incarnation de la fertilité, de la vie. Pas besoin d'aller plus loin pour comprendre comment à partir d'une histoire de monstre classique, Barker arrive à construire un récit avec un peu plus de densité.

Mais le film de Pavlou est loin de restituer les qualités de l'univers de Barker. Ayant signé lui-même le scénario, on ne s'étonne pas de retrouver une structure assez similaire au matériau originel même si des modifications ont été nécessaire pour que l'½uvre atteignent la durée d'1H30. Néanmoins, le résultat fut clairement sabordé et tout ce qui fait le fond du film fut jeté aux oubliettes. En cherchant un peu, on retrouve bien les intentions de Barker mais elles sont noyées sous un flot d'idées mal réfléchies. Exit le contexte estival original et inhabituel dans le contexte anglais. Place au bon vieux temps automnal brumeux, venteux et grisâtre. Cette modification insignifiante marque bien le manque d'intérêt des producteur pour toute forme de réflexion au sein d'un film d'horreur. Notre bite géante sur patte (le terme rawhead veut dire tête crue – no comment) ne semble plus trop craindre le gente féminine. Il se retrouve complètement circonscrit à son rôle de brute qui consiste à foncer dans le tas pour trouver des victimes, les tuer et se montrer comptant en agitant les bras en l'air. Plus aucunes plongées dans son esprit ne sont à signaler et il en va de même pour les autres personnages à commencer par le prêtre fou. Le spectacle reste complètement en surface s'employant juste à réutiliser les clichés du genre.

Il faut dure que le film a la dégaine parfaite de la série Z : mise en scène plate, manque prononcée de rythme, musique qui en fait des caisses pour masquer le manque d'action, photographie terne et crade, effets d'optiques moches et vieillot... Pourtant, on peut reconnaître à Pavlou une légère volonté de bien emballer son film. Sous ses airs complètement fauchés, le film arrive à être parfois assez bien construit pour se laisser suivre. Certes loin de faire preuve d'un grand talent, on a l'impression que Pavlou voulait filmer du mieux qu'il pouvait dans la marge de man½uvre qu'on lui laisse. Car on peut être sûr que si Barker a vu son boulot de scénariste salopé, Pavlou a lui du se plier aux exigences de ses producteurs. Il n'y a qu'à voir la teneur horrifique du métrage : elle est quasi-inexistante. Là où Barker a toujours mis un point d'honneur à inventer des séquences de terreurs surréalistes et voraces, le film s'en retrouve expurgé. On ne verra pratiquement jamais la bête en action mais plus souvent le résultat (bras amputés, têtes décapités). Là où l'horreur est traité avec un spectaculaire talent chez Barker, elle est ici limité au possible et exécuté de manière passive alors que ça n'était pas les occasions qui manquaient (qu'est ce que la séquence de l'immolation des policiers aurait pu être flippant). Si on peut croire que le manque de moyen est à la base de cette politique, cette excuse est difficilement applicable à l'affrontement final où la mise à mort sanglante de la créature est remplacé par une ahurissante séquence avec des rayons cosmiques.

On ne retiendra plus que de rawhead rex qu'un léger plaisir coupable pour certains éléments comme la dégaine du monstre titre (handicapé cela dit d'un animatronique aux animations extrêmement rigide) et un salopage honteux de l'½uvre de Barker. Heureusement, Barker semble depuis s'être réconcilié avec le 7ème art puisqu'il vient de monter le studio Midnight Picture Show dont les premiers enfants (midnight meat train et book of blood) sortiront dans les mois à venir.

# Posté le dimanche 06 avril 2008 13:22

Horton

Horton
Réalisation : Jimmy Hayward et Steve Martino
Scénario : Cinco Paul et Ken Daurio
Avec les voix de Jim Carrey, Steve Carell et Carol Burnett
Genre : comédie
Durée : 1H35

HISTOIRE : Imaginatif et extravagant, Horton est un éléphant qui sait prendre la vie du bon côté. Lorsqu'il entend un appel au secours en provenance d'un tout petit grain de poussière flottant dans les airs, son sang ne fait qu'un tour : il est convaincu que même s'il ne peut pas la voir, il existe une forme de vie sur ce petit bout de rien. Horton ne se trompe pas : c'est même une ville qui y est installée, Zouville, et cette cité et ses microscopiques habitants, les Zous, sont en grand danger ! Mais lorsque Horton répand la nouvelle auprès des autres animaux de la jungle de Nool, personne ne le croit. Certains menacent même de détruire le grain de poussière ! Horton décide alors de tout faire pour protéger ses nouveaux amis.


Ladies et gentlemen. Bienvenue à ce nouveau combat de l'animation US. Dans le coin gauche, 8 combats, 8 victoires par K.O et une aux points (les voitures savent pas boxer), je vous prie d'accueillir le champion invaincu : le grand Pixar. Dans le coin droit, 4 combats, 4 victoires aux points mais sans véritable adversaire digne de ce nom, je vous prie d'accueillir l'outsider : le prometteur mais inégal Blue Sky. Ah il nous avait promis de belles choses ce Blue Sky mais on ne peut pas dire qu'il nous ait offert quelque chose de grandiose. Sa première production l'age de glace avait réussi à passer outre un visuel approximatif pour offrir un spectacle divertissant aux accents cartoonesque aguicheur. Et puis, plus grand-chose à signaler entre une suite à ce premier levé de rideau qui fait de la retape et un robots dont l'univers imaginatif n'a d'égal que le classicisme de son script. Et malheureusement, ça n'est pas HORTON qui va changer la donne. Si Blue Sky semble avoir trouvé son identité propre, il n'arrive pas comme une grande partie des studios d'animation américain à offrir un résultat enchantant passé un certain âge.

Pourtant, l'histoire d'Horton aurait pu être loin d'être aussi anodine qu'elle l'est au final. Ecrite par Dr Seuss, un auteur de littérature enfantine adulé outre-atlantique (il suffit de savoir que Tim Burton lui voue un culte), le récit est en effet tout à fait étonnant rien que pour son pitch. Si la campagne publicitaire française a surtout misé sur le personnage titre auquel prête sa voix Dany Boon, le scénario ne se limite pas à ce seul personnage. Nous suivons bien les aventures de notre éléphant crapahutant dans la jungle une fleur à la trompe auquel Jim Carrey injecte ses délires comiques excentriques (culminant dans une impensable séquence manga). Mais l'action se place souvent du point de vu des Zou, habitants de la poussière qui s'est déposé sur la dite fleur. Une conjugaison du grand et de l'infiniment petit complètement insoupçonné qui cause bien des soucis au deux mondes, Horton apparaissant fou pour parler à une fleur et la ville de Zou souffrant quelque peu de se faire malmener dans tout les sens. Cette interaction douloureuse donne d'ailleurs lieu aux meilleurs séquences du film que ce soit dans un registre comique (l'apparition de la neige en pleine été), dramatique (la séquence de chant final) ou spectaculaire (les modifications des lois de la gravité).

Malheureusement aussi inattendu soit l'histoire dans sa conception, il n'offre qu'un fond simple et basique. A l'instar de robots, l'inventivité que cherche à injecter les auteurs dans leur forme n'enlèvent rien au caractère classique des thèmes traités. Comme souvent (toujours ?), le récit innocent en apparence cherche à éveiller chez l'enfant son penchant pour la réflexion et tout particulièrement à épanouir son ouverture d'esprit. A travers le récit de son éléphant luttant contre une faune incrédule, le scénario pousse l'enfant à ne pas considérer une croyance bizarre ou pire nuisible parce qu'il ne la comprend pas lui-même. Ce qui n'est pas dans la norme n'est pas à rejeter obligatoirement. Les marginaux doivent aussi parfois être cru quoiqu'en dise l'autorité. Le film pointe clairement du doigt les puissances parentales ou politiques dont les réflexions rigides conduisent à la catastrophe. Si il est toujours appréciable de voir ce type d'½uvre évitant de prendre les enfants pour des cons, il est regrettable que le produit souffre de son calibrage forcené. Horton est malheureusement un film pré-maché pour faciliter l'ingurgitation par nos chers têtes blondes. Cette remise en cause des puissances dite inflexibles et le contact vers d'autres croyances est loin de se constituer comme un sous-texte aussi fort qu'un happy feet puisqu'il ne s'agit pas d'un sous-texte. Oubliant toute retenue, le scénario s'offre une scène de discours où le personnage antagoniste exprime ce refus de laisser ce répandre cette graine de rébellion et d'anarchie qui remettrait en cause son pouvoir. Le sous-texte laisse la place au texte, ce qui paradoxalement coupe la voie à la réflexion. L'anesthésie procurée par des gags souvent terriblement enfantin ne pousse que plus le déchirement du film, partagé entre un propos intelligent et le divertissement superficiel.

La déception est d'autant plus grande que du coté technique, Blue Sky arrive à récupérer un certain retard en appliquant des effets plus évolué à leurs précédents travaux. On retrouve toujours ainsi cet esprit cartoon au character design souvent simple mais constituant un charme certain. On ne compte pas d'ailleurs les personnages attrayants : les Zous directement inspirés des dessins de Dr Seuss, le méchant vautour Vlad, Morton la souris cool, la craquant Kathie... Mais Blue Sky développe des logiciels plus performants offrant un rendu bien moins superficiel. Les pelages, plumes et autres textures gagnent en niveau de détail et les décors sont d'une réelle richesse même si la panelle de couleurs pétantes volontairement restreintes semblent dire le contraire. Dommage par contre que la mise en scène soit aussi peu pensée. Si on s'excitera sur certains plans aux mouvements de caméra impressionnant, jamais le film n'arrive à en tirer des séquences vraiment jubilatoires. Les idées de mise en scène reste évasif et l'image n'est jamais utilisé jusqu'au bout pour en mettre plein la vu. Là encore, on reste loin de la référence happy feet.

Bref, Horton ne change guère la position de Blue Sky quelque part entre ambiance agréable et récit traditionnel mal exploité. Je doute que c'est la mise en chantier d'un troisième ice age qui va réussir au studio de quitter ce statu quo.

# Posté le vendredi 04 avril 2008 13:03

3.10 pour Yuma

3.10 pour Yuma
Réalisation : James Mangold
Scénario : Derek Haas et Michael Brandt
Avec Russell Crowe, Christian Bale et Peter Fonda
Genre : western
Durée : 1H57

HISTOIRE : Un dangereux criminel est capturé dans une petite ville. On persuade un éleveur de convoyer en secret le hors-la-loi par le train de Yuma en échange d'une forte prime et de l'estime de son fils. Très vite se met en place une guerre des nerfs alors que les deux hommes attendent le train dans un hôtel...


Comme dit l'autre, la vie c'est comme une boîte de chocolat. On ne sait jamais sur quoi on va tomber. Sauf que des fois, le hasard nous joue un mauvais tour et on tombe constamment sur la même spécialité de friandise. Alors évidemment, la vie elle en devient nettement moins excitante puisque sans surprise. On se lasse de ne récupérer à chaque fois que cette sempiternelle saveur usée alors que d'autres arrivent à piocher tous les délices offerts par cette gigantesque boîte qui nous est offerte. Les genres au cinéma, c'est la même chose. À force de gaver les spectateurs d'innombrables comédies musicales et westerns, les studios les en ont complètement dégoûté. Alors qu'à une époque ces deux genres étaient la machine à dollars des studios, le zèle de ces derniers a conduit à leur rejet pur et simple. Pullulant comme des lapins dans les années 50-60, ils ont pratiquement tous disparu de la circulation à l'aune des années 70-80. Les spectateurs étaient avides de nouvelles expériences et en avaient assez de ne toujours piocher que le même chocolat. Alors que la première décennie de ce nouveau millénaire approche de son terme, certains réalisateurs pensent qu'ils seraient de bon ton de réapprivoiser le public avec ces genres injustement considérés de ringards. 5 Ans après Kevin Costner et son open range, James Mangold se lance ainsi dans la conception de son hommage au genre.

Remake d'une petite perle méconnu de 1957 (elle-même adapté d'une nouvelle d'Elmore Leonard), 3.10 TO YUMA est en effet conçu comme un hommage au western d'antan auquel on injecte les moyens de production actuel. Le choix du film de Delmer Daves pour servir de page à cette révérence est plus que judicieux en cela. Au-delà de présenter une histoire excitante (le convoi d'un brigand recherché par son gang jusqu'au train chargé de le conduire jusqu'en prison), le film original présentait un propos au combien original et une capacité à supporter les divers passages obligés du genre. Le récit se concentre sur le rapport entre deux hommes. Il y a le fermier lâche et pauvre (condition sine qua non) mais responsable envers sa famille et à la moralité indéfectible. Cette vertu qu'il porte le poussera à faire acte de courage pour mener à bien sa mission. A coté, il y a le truand violent et sans pitié mais également figure charismatique difficilement combattable. Ses actes versent très souvent dans la barbarie mais ses propos et sa logique sont d'une grande justesse. L'anti-manichéisme du script est le moteur du film. Mangold et ses scénaristes le savent très bien.

Confiant judicieusement aux excellents Christian Bale et Russel Crowe le rôle de maintenir la confrontation (on a échappé à Eric Bana et Tom Cruise), ils souhaitent extrapoler ce propos tenu dans le film de Daves. Ils reprennent ainsi la structure à l'identique mais explore de nouvelles idées dans celles-ci. Le remake offre alors de nouvelles pistes de réflexion en faisant par exemple intervenir le fils du fermier. Ayant honte de son père, il trouve un nouveau modèle à suivre avec le truand puisque incarnant tout ce que son père n'est pas à ses yeux (force et grâce). Il pousse également plus loin certaines idées originales en mettant les convoyeurs et le brigand face à un ennemi commun que ce soit des personnages rongés par la vengeance ou des apaches. L'intervention de ces derniers est assez incongru mais finalement s'inscrit parfaitement dans l'idée de l'hommage. Le long métrage se permet ainsi de réemployer de nombreuses figures de styles du genre que ce soit du propos (éloges des nobles sentiments, condamnation de la lâcheté) ou dans l'action (attaque d'apaches donc mais aussi attaque de diligence, fusillade s'étendant à toute une ville, duel au pistolet entre quatre yeux).

Malheureusement, 3.10 to Yuma version Mangold laisse un impact bien moindre que 3.10 to Yuma version Dalmes. Il se trouve que Mangold se plante à peu près au même endroit que pour sa précédente réalisation walk the line. On retrouve la même lourdeur dans le récit. Si le film original durait une demi-heure de moins, c'est qu'il y avait une raison. En étendant trop sa durée, Mangold perd dans l'intensité du combat moral et de la traque. Moins incisif, le récit se fragmente trop et peine à poser clairement ses enjeux là où tout était parfaitement posé précédemment. Le résultat est un rythme assez balourd à l'image de sa mise en scène. La caméra semble étrangement alourdi et peine à épouser le dynamisme de ce qui se passe à l'écran. Bien qu'ouvertement soigné, la mise en scène de Mangold semble mettre trop de recul par rapport à ce qu'il ourne à l'image d'un esthétisme trop artificiel. Seul la séquence finale échappe à ce défaut en faisant preuve d'un monstrueux dynamisme. Mais même ce baroude d'honneur n'est pas sans faille et s'handicape d'un politiquement correctement insidieux que ce soit dans la définitive caractérisation de fou furieux du second (interprété par un Ben Forster fidèle à lui-même) ou plus particulièrement dans ses 2 derniers plans arrivant à ridiculiser la puissance dramatique des dernières minutes.

Bref, 3.10 to Yuma souffre d'un cachet factice et lourd mais à le mérite d'offrir un spectacle respectueux du genre et assez bien mené pour divertir.

# Posté le samedi 29 mars 2008 12:49

crimes à Oxford

crimes à Oxford
Réalisation : Alex de la Iglesia
Scénario : Jorge Guerricaechevarria et Alex de la Iglesia
Avec Elijah Wood, John Hurt et Leonor Watling
Genre : thriller
Durée : 1H43

HISTOIRE : Une vieille dame est assassinée à Oxford. Son corps est découvert par deux hommes qui se rencontrent à ce moment-là pour la première fois : Arthur Seldom, un grand professeur de mathématique et de logique et Martin, un étudiant qui vient d'arriver dans l'université et qui rêve d'étudier avec Seldom. Rapidement d'autres meurtres ont lieu, tous annoncés par des symboles bien singuliers. Martin et le professeur s'associent pour retrouver les pièces du puzzle. Rien ne sera comme il paraît...


De nos jours, rien n'est gratuit. Dans le monde capitaliste actuel, il apparaît tout bonnement impossible d'obtenir quelque chose sans que d'une manière ou d'une autre une contrepartie soit reversée. L'intérêt personnel est plus que jamais la vertu suprême de notre planète. Difficile aujourd'hui de trouver une quelconque entité dans notre société qui accepte d'offrir une prestation sans exiger un petit bonus. Ce mode de raisonnement envenime l'économie, la politique et même l'art. Le cinéma manipulant des sommes de plus en plus importante (les pionniers du 7ème art hallucinerait de voir des budgets comprenant 8 zéro), il apparaît impossible pour les vannes monétaires de s'ouvrir pour le premier venu. La sécurité du placement est une donnée désormais primordiale à prendre en compte pour les majors. Certains auteurs l'ont compris et n'hésitent pas à jouer sur cela pour obtenir la liberté artistique tant désirée. L'espagnol Alex de la Iglesia en est du lot. Avec CRIMES A OXFORD, le réalisateur de mes chers voisins se créé une jolie carte de visite affichant un attirant “faites moi confiance”.

Adapté d'un roman de Guillermo Martinez, la dernière réalisation d'Iglesia cherche en effet à montrer sa capacité pour assurer un divertissement attrayant pour la masse. La conséquence est bien sûr une certaine mise en retrait de son ton mordant et noir qui n'emportait l'adhésion que des aficionados du genre. En clair, crimes à Oxford est un long métrage très sobre. Pas d'excès à l'horizon donc. Son humour noir cruel et ravageur est grandement diminué, ne se permettant que peu (pour ne pas dire pas) de pic envers le politiquement correct. Inutile même d'attendre du gros gore qui tâche. Pour sa deuxième production internationale (festival de logos en ouverture à l'instar de l'orphelinat), Iglesia ne souhaite pas se payer un nouveau perdita durango dont le caractère barjo s'était solder par un bide massif. crimes à Oxford est une ½uvre extrêmement accessible pour les personnes peu adepte du genre. Il faut dire que l'intrigue a de quoi enjouer les plus réfractaires avec son ambiance à la Agatha Christie. Si Iglesia s'amusait à défragmenter le maître du suspense Alfred Hitchcock avec le crime farpait, il fait au contraire preuve ici d'un respect monstre en ne prenant aucun recul sur son récit et en le traitant tel qu'il est écrit. Comme il l'avoue lui-même, le crime farpait est une comédie avec des éléments de polar alors que crimes à oxford est un polar avec des éléments de comédie.

Certains considéreront qu'Iglesia y perd là toute sa force, sa patte devenant invisible. Certes, on peut considérer sur certains aspects que crimes à Oxford est assez impersonnel. Mais on peinera à franchir le pas pour dire qu'Iglesia a nivelé vers le bas son travail. Certes, Iglesia souhaite montrer qu'il peu s'accorder avec le spectacle tout public mais cela ne l'empêche pas dans une certaine marge de man½uvre de jouer sur certains aspects. Iglesia se permet ainsi quelques subtilités par rapport à certaines conventions classiques du genre. Il s'offre une première partie se moquant joyeusement de la linéarité en jouant sur des flashbacks plus improbable les uns que les autres avant de reprendre une narration chronologique classique. Certes à l'image de ces 2 trop courtes séquences historiques surprenantes, Iglesia et son scénariste Jorge Guerricaechevarria doivent faire tourner court les expérimentations pour ne pas dérouter le spectateur lambda. La simplicité doit prédominer et elle se retrouve jusque dans l'intrigue. Mené par un succulent tandem John Hurt-Elijah Wood, l'intrigue est à l'image des concepts mathématiques qu'elle affiche. Il ne s'agit que de complexifier des concepts élémentaires simples. Iglesia affiche l'évidence en ne cessant de multiplier les interrogations sur l'ensemble des personnages, tous suspects potentiels. La résolution est d'une complète logique dans ce parfum de mystère où chacun ne semble pas être ce qu'il prétend. On se retrouve d'ailleurs là complètement dans l'univers d'Iglesia où les apparences sont trompeuses d'une manière ou d'une autre et chacun cache des secrets inavouables.

Bref, crimes à Oxford est un honnête divertissement qui manque peut-être de panache mais se retrouve emballé avec soin. On espère que ce film permettra de financer son projet de longue date au combien plus ambitieux : une adaptation de la bande dessinée Blake et Mortimer.

# Posté le jeudi 27 mars 2008 14:17

les démons du maïs

les démons du maïs
Réalisation : Fritz Kiersch
Scénario : George Goldsmith
D'après la nouvelle de Stephen King
Avec Peter Horton, Linda Hamilton et R.G Armstrong
Genre : horreur
Durée : 1H30

HISTOIRE : Un jeune garçon entraîne tous les enfants de son village à massacrer les adultes. Un coupe de journalistes débarque alors en ville, et se retrouve pris en chasse par les bambins...

Ah Stephen King et le cinéma, quel belle histoire de pognon. Si de nombreux grands réalisateurs (Cronenberg, Carpenter, Kubrick pour ne citer qu'eux) se sont attelés à transposer ses écrits à l'écran, les romans et nouvelles du bonhomme ont également donné lieu à tout un tas de productions assez navrantes. La faute n'en revient pourtant pas à King lui-même qui c'est toujours détaché du travail d'adaptation cinématographique à de rares exception près (simetierre qu'il scénarisa et parait-il co-réalisa). Non, si il y a quelqu'un a incriminé, c'est bel et bien les producteurs. Il faut avouer que la renommée du maître de l'horreur permet une entrée de gain facile. Il suffit de prendre une de ses écrits, de le réaliser avec un budget de misère, de trouver une affiche assez classe pour masquer les apparences et à coller en gros le nom de King dessus pour attirer les gogos. Des méthodes pas très reluisantes dont ces DEMONS DU MAÏS ne se privent pas à employer.

Au-delà de l'accroche avec le nom de King, il faut avouer que le concepteur de l'affiche à joliment fait son boulot. Une faucille brandit sur un coucher de soleil avec au second plan une armée de silhouettes enfantine aux yeux rougeâtre menaçant camouflée dans un champ de maïs. C'est classe comme tout et c'est à des kilomètres de ce que réserve la découverte du visuel. Car il faut avouer qu'on ne trouvera rien d'aussi menaçant que le poster dans tout le métrage. Tourné dans un coin paumé en moins d'une semaine, children of the corn est mené avec autant d'entrain que tonton Marcel après le repas dominical (celui où il s'est tapé tout le rosbif aux flageolets avant d'enchaîner avec la pièce de gibier arrosé amplement de sauce au vin rouge). Moche comme le plus bas de gamme des téléfilm, le long métrage de Fritz Kiersch agresse autant la rétine par sa photographie crade qu'il ennuie par la mollesse de sa mise en scène. Chaque scène semble avoir été tourné à la va-vite et on doute qu'ils aient filmé plus d'une fois chaque plan tant le résultat se montre bancal. Cela est surtout est aggravé du manque complet de Kiersch dans sa mise en scène, tellement pressé d'encaisser son chèque que la question ne l'a apparemment pas effleuré. Le meilleur exemple reste cette introduction où les enfants et les adolescents liquident leurs géniteurs. Déjà que ce massacre collectif s'étendant à toute la ville soit résumé par une tuerie dans une cafétéria donne envi de tiquer tant c'est peu ambitieux par rapport au potentiel horrifique du concept. Mais on serait prêt à excuser ce manque d'envergure du fait des limites du budget. Malheureusement, l'absence d'énergie dans cette séquence de meurtres, l'inaptitude des acteurs et son gore faiblard pour ne pas dire absent enlèvent toute indulgence.

Et au bout du compte, on se dit qu'un traitement où laxiste est bien dommage par rapport aux idées que recèlent le script. Car bien que maltraité, l'histoire de King arrive à conserver un certain intérêt grâce à son parfum d'horreur qui mine de rien est assez insoutenable. Le problème est que le film se montre très hésitants par rapport à tout ce que lui offre l'auteur. A l'image des personnages qui ne cessent de faire les girouettes (quittons cette ville inquiétante et puis non restons y pour trouver de l'aide), le scénario ne sait pas vraiment comment avancer. Il caresse plein d'idées mais n'en choisit aucune pour au final nous perdre dans un agrégat de concept cohabitant bien mal ensemble. On sent que le scénariste George Goldsmith voudrait bien relater l'histoire du point de vu du couple adulte permettant ainsi de créer une atmosphère mystérieuse et imprévisible. Mais il voudrait bien aussi décrypter les rapports de la communauté des enfants avec les relations houleuses entre le représentant de la force brute et celui de la puissance religieuse. Malheureusement, ces deux pistes ne peuvent se mêler puisque antithétique et débouche sur une structure bancale jamais convaincante (l'usage très discutable de la voix-off). Le même défaut se retrouve dans la résolution du film qui s'avère partagé entre le drame et le fantastique. D'un côté, il y a l'effroi primitif de voir les enfants tuer les adultes pour concevoir leur propre monde imaginaire, bonheur relatif basé sur la cruauté. De l'autre, il y a la construction d'une intrigue surnaturelle où une entité inconnue pousse les enfants à fonder une communauté de fanatique religieux. Là encore, le scénariste caresse une idée et l'autre en même temps mais c'est donner plus de poids à une. Or le film aurait gagné en force en assumant complètement une voie sur l'autre (un pur drame sur l'enfance ou un film fantastique sur la soumission des masses). Cette constante hésitation va jusqu'à s'étendre au fameux celui qui marchait derrière le maïs, créature qui semble se déplacer sous la terre mais qui se retrouve incarné par un démoniaque nuage en effets d'optique tout pourri.

Bref, mené par une musique épuisante calqué sur la BO de the omen, children of the corn se perd complètement au fil de ses divers pistes narratives. Reste néanmoins que si on supporte une mise en image calamiteuse, on peut tirer un plaisir coupable des idées méchantes véhiculées par le script.

# Posté le dimanche 23 mars 2008 05:53